Mercredi 31 mars 3 31 /03 /Mars 20:22

Karimouche n’est pas une simple chanteuse, c’est un phénomène artistique surprenant !Karimouche-couverture-album.jpg Un premier album, sorti récemment, et elle fait déjà couler beaucoup d’encre et de salive. Elle était déjà une star bien avant d’être propulsée sur la scène musicale, dit-on dans son entourage. Son caractère disjoncté, son franc-parler, sa rage de dire tout haut ce que ses semblables ressentent tout bas et sa délirante autodérision ont fait d’elle l’archétype même d’icône des sans voix.

Cette jeune artiste banlieusarde, ce qu’elle assume sans aucun complexe, mêle subtilement différentes musiques urbaines : hip-hop, slam, chanson française, electrip-hop, afro-blues, reggae, swing, etc. Les textes graves de Karimouche courent sur des rythmiques enjouées, avec cette idée que les décalages enrichissent l’aventure – celle du créateur comme celle de ses spectateurs. Elle passe sans transition, d’un style à un autre, d’une attitude à une autre, à vous donner le vertige ! Sur scène, elle danse, elle « rappe », elle chante, elle conte. Elle fait salle archicomble à chacune de ses productions.

Son premier album, intitulé « Emballage d’origine », qui suscite un large engouement est, en fait, le fruit de ses expériences artistiques et professionnelles puisqu’elle a eu à fréquenter divers univers artistiques, comme le théâtre et la couture entre autres. Un producteur la contacte et tout s’enchaîne : le disque est mis en chantier, une tournée des plus grand festivals commence et le public est conquis par son originalité. 

Karim Kherbouche

Par Damia - Publié dans : Potrait - Communauté : Amazigh
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Mardi 23 février 2 23 /02 /Fév 19:44

Taous-Khaze.jpg
La comédienne Taous Claire Khazem est née au Minnesota aux Etats-Unis d’Amériques un certain 2 mars 1981, de mère américaine et de père algérien, originaire plus précisément de Béni Douala. Dès son jeune âge, avide de connaître ses origines, elle revient en Algérie où elle décide de réaliser des projets théâtraux. Lors du Festival de théâtre professionnel à Alger, elle rencontre le comédien, metteur en scène, scénographe et animateur de stages de théâtre pour jeunes, Mohamed Yabdri. Ils se marient et créent
à Oran Daraja Théâtre. Taous enseigne également l’anglais dans cette ville.

Taous a fait des études à l’Ecole Internationale de Théâtre Jacques Lecoq à Paris. Elle est titulaire d’une licence de Théâtre et Français. En plus d’être comédienne, elle est metteuse en scène, animatrice de théâtre pour jeunes et écrivain. Avec son one-man-show “Tizi-Ouzou”, elle s’est produite à St. Paul, Portland, Seattle (USA), en Alexandrie (Egypte) et à Oran.

Parmi les projets qui lui tenaient à cœur figurait le spectacle intitulé « Timiqwa N’Tmucuha » (Gouttelettes de contes) accompagné d’une formation au profit de jeunes comédiennes. Elle l’a concrétisé l’été dernier en collaboration avec le Théâtre Régional de Béjaïa (TRB) et Amazigh Cultural Association in America. Outre ses compétences incontestables en théâtre, cette belle jeune femme truffée de talents s’avère aussi une bonne enseignante. Se basant sur la pédagogie où l’apprenant construit lui-même son savoir, au lieu de faire jouer à ses comédiennes (Souhila, Aïcha, Nassima, Samira, Iblissem, Faïrouz et Lilia) les contes tels qu’ils sont rédigés dans les livres, Taous a préféré les envoyer sur le terrain pour faire elles-mêmes la collecte des contes auprès de femmes âgées des villages d’Amizour et d’Adekar (Béjaia). Le spectacle est donné au TRB les 27 et 28 août, puis le 29 à Aït Smaïl avant la finale à la Maison de la culture de Béjaïa le 4 septembre. La réussite fut totale.

A Béjaia comme à Tizi Ouzou, là où elle est passée, elle l’a laissé bonne impression. Tout ceux et celles qui ont eu l’occasion de la voir louent son sérieux, son intelligence, son abnégation et sa légendaire modestie. Elle nous a ouvert ses portes et a accepté de répondre à nos questions. 

 

Taous, c’était en 2003 que vous avez foulé, pour la première fois, le sol du pays de vos origines, l’Algérie, quels souvenirs en gardez-vous ?

Je garde des très bons souvenirs de mon premier séjour en Algérie. C’était le mariage de mon oncle donc toute la famille s’était réunie pour l’occasion. C’était une expérience très bouleversante de rencontrer ma famille paternelle pour la première fois. Je me souviens que j’ai pleuré quand je suis partie. Et j’ai juré de revenir.

 

Et depuis, vous êtes revenue plusieurs fois bien sûr. Comment les contes kabyles ont attiré dans votre famille, vous qui résidez aux  USA ?

Chaque culture dans le monde a une grande collection de contes. J’avais acheté un livre de contes Kabyles à Tizi Ouzou et puis d’autres en France.

Je savais qu’il y avait une tradition de contes bien avant l’arrivé de la télé. Mon père m’avait souvent raconté des contes qu’il avait lus dans des livres de Léo Frobenius.

 

Justement, quelle a été la réaction de vos parents quand vous avez décidé d’oeuvrer dans le domaine du théâtre d’expression kabyle ?

Ma mère qui est américaine sait que j’ai une tête dure et quand je dis que je vais faire quelque chose, je le ferrai ! (rire) Cependant, elle avait peur pour moi, surtout pour ma sécurité. Quant à mon père, le projet était une bonne idée, mais lui aussi il s’inquiétait. Je me lance souvent dans des aventures un peu hors norme.

Une fois, je suis allée en Egypte jouer dans un festival toute seule, je ne connaissais personne, je ne savais même pas si le festival était un truc de qualité ou pas. J’ai atterré au Caire à 4 heures du matin. Mais, j’ai adoré et c’est ce festival enfin, forum, (i-act creative arts forum) qui m’a donné le courage de monter le projet en Algérie.

 

Revenons à votre passage à Béjaia où vous avez monté le spectacle «Timiqwa N’Tmucuha » (Gouttelettes de contes). Pourquoi le choisi des contes kabyles ?

Le titre « Timiqwa n’Tmucuha » est venue d’une des comédiennes, Souhila en l’occurrence. Moi, je suis allée à Béjaïa avec l’idée de créer un spectacle basé sur des contes Kabyles avec des jeunes comédiennes. Je voulais les aider à créer un spectacle à elles. Elles ont écrit le texte elles-mêmes inspiré par des contes que des vielles femmes kabyles ont bien voulu nous raconter avec leur propre voix, ce qui fait leur originalité. Quand j’avais dit à mon père que je voulais monter un projet de théâtre avec des jeunes femmes en Algérie, il a eu cette réplique : « attention de leur imposer des textes et des styles américains ».  Après mûres réflexions, j’ai opté pour les contes parce qu’ils émanent de la culture algérienne. Mais ce qui est drôle, c’est que je ne parle pas le Kabyle. Juste des mots. Souvent, on me parle en Kabyle et je me sens gênée car je ne comprends rien ! (rire)

 

Aujourd’hui, comment évaluez-vous cette expérience ?

La création collective est toujours un défi, un challenge intéressant à relever. J’ai essayé de leur apprendre comment faire confiance dans son travail, comment travailler ensemble, écouter les idées et les propositions de ses collègues. La première étape du travail, c’était une sorte de stage de théâtre pendant laquelle j’ai essayé de travailler sur les outils du style de langage, des gestes qui permettent une liberté énorme chez le comédien car il n’y a ni décor ni accessoires. Le comédien lui-même doit créer l’espace.

Les comédiennes ont eu la chance de rejouer le spectacle mai 2009 lors des Rencontres Maghrébines du théâtre en Tamazight à Tizi Ouzou.

 

Avez-vous d’autres projets similaires ou autres ?

Au cours de 2009,  j’ai créé, avec mon mari, Mohamed Yabdri, Daraja Théâtre (www.darajatheatre.com), une compagnie professionnelle qui produit des spectacles en solo. Notre premier spectacle est Rimm La Gazelle de Fatima Gallaire. Mohamed a fait la mise en scène et moi je joue. Au cours des mois de septembre et octobre, j’étais aux USA où j’ai joué dans  Palace of the End (Le Palais de la Fin ) un spectacle avec un texte magnifique qui parle de l’Irak.

 

Qu’est-ce que vous pensez de la situation actuelle du théâtre algérien ?

Entre 2003 et 2008, j’ai cru qu’il n’y avait quasiment pas de théâtre en Algérie donc imaginez-vous ma grande surprise quand j’ai assisté au festival de théâtre professionnel à Alger dès mon arrivé le mois de mai 2008. Mais, j’aimerais voir un niveau plus élevé ! Je pense que les Algériens sont capables de faire plus ! Je pense aussi que pour être bon artiste de théâtre, il faut beaucoup assister à des productions théâtrales de tous les styles et genres. J’aimerais voir des compagnies étrangères invitées ici pour animer des stages, montrer leur travail, inspirer les artistes d’ici. Le théâtre en Algérie a tendance à être trop académique. Le théâtre c’est « faire, bouger, improviser, écouter » et pas forcément que penser.

J’ai remarqué aussi que le peuple algérien préfère des spectacles humoristiques. C’est un petit peu dommage parce que, pour moi, le théâtre n’est pas que du divertissement. Le théâtre peut inspirer, provoquer et mettre en marche l’imagination d’une personne.

 

Un comédien algérien que vous préférez ?

Je pense que je devrais dire mon époux, Mohamed Yabdri !

 

Un dernier mot avant de se quitter ?

Il m’arrive de me dire que je suis un peu folle de quitter les USA pour venir vivre en Algérie, faire de l’art mais je pense que j’ai quelque chose à donner à mon pays et que l’Algérie m’inspire beaucoup.  

                                                  Entretien réalisé par Karim KHERBOUCHE

Taous-Claire-Khazem.jpg

Par Damia - Publié dans : Interviews - Communauté : Amazigh
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Mardi 23 février 2 23 /02 /Fév 19:17

Enterrement-Rahim-15-02-2010-22.JPGLe chanteur Rahim est décédé le samedi 13 février 2010 des suites d’un arrêt cardiaque laissant derrière lui deux enfants Massy et Tafat. Après Hamidouche et Brahim Izri, disparus à la fleur de l’âge et dont on n’a pas encore fini de faire le deuil, voilà qu’une autre étoile de la chanson kabyle de la même génération vient de tomber. Le chanteur dont on a adoré et fredonné les chansons pendant des années vient de nous quitter. Et à jamais ! Dur dur de le croire !

La nouvelle de son décès est tombée tel un couperet ce samedi 13 février 2010. La tristesse se lisait sur tous les visages dans son village Imkechren (At Aïssa Mimoun, Ouaguenoune, Tizi-Ouzou) et dans toute la Kabylie. La diaspora est également très touchée par la disparition de ce grand artiste. En atteste les forums et les sites ayant diffusé la nouvelle qui sont submergés de messages de condoléances.    

Rahim (de son vrai nom Rahim Mohammed, né le 07 décembre 1963) était un charmant garçon, plein  d'humour et un artiste plein de talent.  L’une des ses chansons les plus connues du public kabyle est « Ad am-inigh » (Pour tout te dire) chantée en duo avec Yasmina.       

Le fait de ne pas produire d’albums ces dernières années ne l’a pas éclipsé de la scène musicale puisque ses chansons sont connues de toutes les générations. De plus, il n’a pas cessé de donner des spectacles un peu partout. Son  dernier gala en date est celui qu’il a animé dernièrement à Adrar lors des journées culturelles de Tizi Ouzou.

Une foule impressionnante l’a accompagné à sa dernière demeure. On peut reconnaître parmi les présents à ses funérailles bon nombre de chanteurs célèbres, à l’image de Zedek Mouloud, Yasmina, Hacène Ahrès, Ali Ferhati, Siham Stiti, Moh Oubélaïd, Mohamed Allaoua, Taleb Tahar, etc.

Repose en paix, Rahim, merci d’avoir chanté pour nous. Tu continueras de vivre dans nos cœurs par ta voix chaude et tendre qui nous a donné tant de bonheur.

                                                   
                                                                                   Karim KHERBOUCHE

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Lundi 23 novembre 1 23 /11 /Nov 20:19

Heureux ceux qui, dans leur métier, ont mis du cœur à l’ouvrage sans se soucier outre mesure des richesses que cela pourrait leur procurer. Leur héritage demeurera éternel et leur nom à jamais gravé dans la mémoire de ceux qui les ont connus.

Le regretté Youcef  Abedjaoui fait bien partie de ces gens-là. En dépit de la guerre, la misère, l’exil et de toutes les contraintes qui ont marqué sa vie et qui auraient pu le dévier de sa trajectoire, il s’est donné corps et âme pour l’art et ce sont les chanteurs de son rang qui ont donné à la chanson kabyle la place qui est la sienne aujourd’hui. C’est pourquoi, 13 ans après sa disparition, en novembre 1996, des suites d’une longue maladie, il est plus que jamais vivant dans les cœurs des milliers de fans de toutes les générations.

Youcef Abedjaoui, de son vrai nom Aliouche Youcef, est venu au monde le 16 décembre 1932 dans le village d’Ait Alouane (commune d’Akfadou, à Béjaia). Très jeune déjà, il jouait brillamment de la guitare, du mandole et du luth. C’est l’autre grand artiste de la région, en l’occurrence Sadek El-Bedjaoui, une des grosses pointures de la chanson andalouse, qui l’avait repéré et lui avait donné l’occasion de se produire sur les ondes de la Radio Soummam qui émettait déjà en 1947. Le succès ne se fit pas attendre : le jeune chanteur séduit les auditeurs qui réclamaient ses chansons. « Je ne voulais pas que mes parents sachent que je chantais. Sadek Béjaoui décida alors de m’appeler Youcef Abedjaoui », révélait-il dans sa dernière interview accordée à Kamel Zirem et publiée dans les défunts Le Pays et ABC Amazigh. En 1958, son premier disque sort sur le marché et comme il fallait s’y attendre, il fera un tabac. Suite à quoi, il intégra le célèbre orchestre d’Amraoui Moussa en qualité de chanteur compositeur et de musicien. En 1954, il participa à la guerre de libération avec sa guitare et sa voix et n’hésita pas à rejoindre la troupe de Farid Ali, le père du fameux hymne à la révolution algérienne, « A Yemma âzizen ur tsru » (Ne pleure pas maman). Cette troupe se produit dans plusieurs pays du monde pour transmettre le message du peuple algérien en guerre pour sa libération du joug du colonialisme. En 1959, Youcef Abedjaoui prit la direction de Tunis où il fera partie de l’orchestre national et ce, jusqu’en 1962. Après l’indépendance, il exerça la fonction de responsable d’un orchestre à la Radio chaîne II. Il repartit en France en 1969 où il s’installera jusqu’à ce qu’il nous quitte, emporté par la maladie.

Da Youcef, comme l’appellent ses admirateurs en signe de respect, a laissé un héritage de 46 chansons. Il a chanté l’amour, la nostalgie du pays, la bohème, la séparation, la misère sociale, l’exil, etc. « Yegguma wul a’kem-yettu » (Amour inoubliable), « Ay abrid yettawin» (La route menant vers mon village natal », «Tamurt n Leqbayel » ( La Kabylie ), et bien d’autres titres écrits par Da Youcef sont d’incontournables chef-d’œuvres sublimés par plusieurs générations de mélomanes. La mission de Youcef Abedjaoui sur terre était celle d’un messager d’amour, il l’a accomplie brillamment et avec fidélité et dévouement. Il n’a d’égal que lui-même. « J’aime toutes les musiques. La musique est avant tout universelle. J’ai mon propre style. Je ne l’ai pas choisi, il est venu tout seul. Mes chansons sont issues du chaâbi », ajoutait-il dans l’interview susmentionnée.

Karim Kherbouche

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Lundi 26 octobre 1 26 /10 /Oct 16:00

Le mythique groupe de blues touareg, Tinariwen, n’est plus à présenter dans le monde de la diaspora amazighe. Ils sont aujourd’hui des centaines de milliers de mélomanes, en Algérie et dans le monde entier, à télécharger leurs chansons sur le net et leurs titres passent en boucle sur les radios et TV d’expression berbère. Leur engagement au côté de la communauté touarègue dont ils sont issus est tel que lors de leurs fréquentes tournées internationales, ils sont souvent accompagnés de M. Issa Dicko, créateur du célèbre Festival au Désert, qui donne des conférences sur la culture touareg et l’écriture tifinaghe. Mais il n’y a pas que cela. Outre leurs belles chansons émanant du fin fond du désert malien, les membres de cette formation musicale, fondée en 1982 lors d’un festival à Alger par Ibrahim Ag Alhahib dit Abraybone et d’autres chanteurs touaregs, ont une histoire et pas n’importe laquelle.

En effet, avant d’être connus sur la scène musicale, les éléments de ce groupe, originaires de Tessalit, au Mali, ont participé activement dans les révoltes opposant les populations touarègues au pouvoir au Mali afin de combattre l’ostracisme et la politique d’assimilation dont ils sont victimes. A ce propos, Francis Dordor, journaliste musical, ancien rédacteur en chef de Best, chroniqueur musical à Libération et aujourd'hui aux Inrockuptibles, écrivait dans Biographie de Tinariwen : "L’image la plus saisissante devant contribuer à forger la légende de ce groupe, vraiment à part, reste celle de Keddu Ag Hossad, partant à l’assaut du poste militaire malien de Menaka, près de la frontière nigérienne, une kalachnikov à la main, une guitare électrique dans le dos. Cette offensive du 30 Juin 1990 sera l’amorce de la seconde rébellion touarègue qui durera 3 ans et fera des milliers de victimes".  

Quelques temps plus tard, Tinariwen, nom qui signifie en tamazight les déserts, ont opté pour le dépôt des armes, il y a une dizaine d’années, et continuer leur combat avec leurs armes favorites : les guitares électriques. En 2000, leur opus The Radio Tisdas Sessions, sort sur le marché. Il sera suivi, en 2004, de Amassakoul qui rencontre un succès époustouflant dans le monde entier. En 2007, ils reviennent avec Aman Iman. Sur un plan purement musical, le travail de Tinariwen est unique en son genre. Ils ont réussi avec brio à mettre la musique touarègue au diapason de la modernité tout en préservant son originalité. Le résultat : un mélange subtil de blues du désert, de rock’n’roll version touareg, de tindi, de gnawi et de soul berbère... Leur message est celui de l’espoir, d’union et d’exhortation à se battre pour les droits des peuples « sans défense » et pour préserver leurs cultures et identités, à l’heure où celles-ci sont perpétuellement menacées de disparition.

Dans le livret qui accompagne le CD de Tinariwen, le journaliste Andy Morgan écrit : "Les jeunes touaregs qui ont fuit la misère de leur pays pour trouver refuge ailleurs, choisirent la guitare électrique parce que sa puissance sonore portait leur message beaucoup plus loin et que ses plaintes parlaient avec éloquence de leur peine. Elle exprimait aussi leur frustration avec leur propre peuple qui languissait dans un sommeil sans âge tandis que le monde s’écroulait tout autour d’eux. Tinariwen, de Kidal, furent les premiers instigateurs de cette révolution de la guitare. Vingt ans après, leur message continue à s’amplifier ; on l’entend de plus en plus loin de leur désert natal."

Par ailleurs, la figure emblématique de cette formation est sans doute le charismatique Ibrahim Ag Alhahib. L’homme à la chevelure à la Bob Marley a passé une grande partie de sa vie en Algérie. Né en 1960, à l’âge de 4 ans, suite à l’exécution de son père par l’armée malienne, accusé d'être en contact avec la rébellion touarègue, il fuit en Algérie avec sa grand-mère. Il y exerce différents métiers tels que couturier, menuisier, maçon mais ses temps libres il les consacrait à sa passion favorite : la guitare. Outre les chansons du terroir,  Abraybone était influencé par les grands chanteurs de l’époque, à l’image d’Elvis Presley, Bob Marley, James Brown, Les Beatles, etc. Il ne tarde pas à fonder une troupe mixte, Taghref Tinariwen, au début des années 80. Il sera rejoint ensuite par le talentueux chanteur compositeur Alhousseini ag Abdoulahi, dit Catastrophe qui découvre ce groupe pour la première fois à Tamanrasset où vit sa grande sœur.    

A la fin des années 80, Abraybone part en Libye où il reste quelques temps avant de rentrer au Mali où ses chansons faisaient déjà un carton. Il a été reçu en héros dans sa communauté touarègue.            

Enfin, le 15 novembre prochain, Tinariwen seront à Lyon, en France, où ils se produiront au Transbordeur. Un rendez-vous qu’attendent leurs fans dans l’Hexagone avec impatience.

Karim Kherbouche

                                                   Abraybone, le leader de Tinariwen

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Lundi 26 octobre 1 26 /10 /Oct 15:50


C’est en principe le premier clip en kabyle que Nessma a diffusé. Suite à quoi, d’aucuns se demandent si les responsables de cette chaîne envisagent d’ouvrir leurs programmes à la chanson d’expression amazighe en particulier et la culture berbère en général ? En tout cas, cela va dans l’ordre naturel des choses pour une chaîne de TV qui se veut « la télé du Grand Maghreb », pour paraphraser son slogan.

Taous Arhab, un nom à retenir absolument, si ce n’est pas encore fait ! Elle subjugue et promet d’écrire son nom en lettres d’or sur la scène musicale kabyle. Elle est envoûtante, charmante aussi bien par son exquise présence que par ses chansons mêlant admirablement musiques kabyles et R’N’B. Le clip de sa chanson « Abouh », de 6 minutes environ, qui passe, ces derniers jours, sur Nessma TV est tout simplement merveilleux. Taous est tant sûre d’elle-même qu’elle n’a nul besoin de gros moyens pour faire un si beau travail. Elle se contente de simples effets spéciaux et d’un danseur du style hip hop, sachant que sa belle voix et son sex-appeal suffisent pour produire un effet fantastique chez les mélomanes !   

Soulignons que Taous n’est pas étrangère pour le téléspectateur algérien dans la mesure où elle faisait partie de la défunte émission artistique « Fa-Mi-La ». Elle quitte depuis les studios de la télé pour se lancer dans une carrière de chanteuse. En 2008,  elle sort son premier album intitulé « Ay Aqcic ! » (Ô ! Jeune garçon !) contenant 8 belles chansons qui visent aussi bien les corps (danser) que les cœur (méditer).  

Par ailleurs, à notre connaissance, c’est le premier clip en kabyle que Nessma a diffusé. Suite à quoi, d’aucuns se demandent si les responsables de cette chaîne envisagent d’ouvrir leurs programmes à la chanson d’expression amazighe en particulier et la culture berbère en général ? En tout cas, cela va dans l’ordre naturel des choses pour une chaîne de TV qui se veut « la télé du Grand Maghreb », pour paraphraser son slogan. Il faut dire aussi que Nessma a beaucoup gagné en audience dans les pays du Maghreb et la diaspora issue de cette région. Le Grand Maghreb, c’est aussi et surtout le Maghreb des couleurs, l’équipe de Nessma semble bien saisir cela et tout porte à croire que c’est dans ce sens qu’elle a l’intention d’œuvrer.    

Karim Kherbouche

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Dimanche 25 octobre 7 25 /10 /Oct 18:19

Ce serait injuste de parler de la chanson kabyle sans évoquer un de ses remarquables chanteurs qu’est Karim Tizouiar. Bien que très peu médiatisé, le fils d’El-Kseur jouit d’une grande notoriété sur la scène musicale kabyle. Les passionnés de la chanson sentimentale, toutes générations confondues, lui vouent énormément d’admiration et les chanteurs en herbe reprennent par cœur ses chansons, ce qui fait de lui une référence musicale incontestable. Ce chanteur âgé de 46 ans est surtout connu pour sa belle frappe de guitare. Son public l’appelle « l’homme qui fait parler le mandole ! ».

Par ailleurs, parmi les belles chansons qu’a composées Karim, celle qui a le plus de succès, les fans le devineraient sans doute, c’est « Asm’akken llan qqaren medden » (Quand mes camarades se souciaient de leurs études, moi je passais mon temps à écrire partout ton nom). Tout porte à croire que Karim lui-même voue aussi une affection particulière pour cette chanson. Preuve en est, il n’hésite pas à la reprendre, légèrement re-mixée, dans son dernier album et inclut aussi son instrumental afin d’offrir aux admirateurs la possibilité de l’interpréter avec leur propre voix.

Il faut dire qu’outre l’immuable beauté de la mélodie, la voix suave et juvénile de Karim et ses extraordinaires jeux de mandole, le texte de cette chanson est fort émouvant. Il raconte en poésie l’histoire d’un adolescent hanté par un amour idéal, soudain et irrésistible. Insouciant et nageant dans un bonheur sans nuages, le jeune homme n’arrive plus à se concentrer sur ses études. Résultat : il sera exclu de l’école et rongé par les remords. Pis, il découvrira amèrement que sa dulcinée s’est entichée d’une autre personne. Vint ensuite le service national qu’il passera loin d’elle mais plus que jamais consumé par son amour platonique. Plus tard, il ne récoltera que larmes et déception. En un mot, la chanson illustre de la manière la plus belle artistiquement l’adage qui dit qu’il n’y a pas d’amour heureux.   

Enfin, en plus de cette chanson, plusieurs autres titres de Karim T. ont rencontré un époustouflant succès, notamment durant la période allant de la fin des années 80 et le début des années 90. C’est d’ailleurs à cette époque-là que Karim, âgé alors d’un peu plus de 20 ans, arrive en France, à Paris, passage obligatoire dans la carrière d’un artiste, et fait la connaissance des vedettes de la chanson kabyle, tels que Hamidouche, Mehdi Mzeghrane, Boudjemaa Agraw, Sofiane, etc. Il intègre le légendaire groupe Agraw et chante en duo avec Boudjemaa, après le départ de Takfarinas qui a décidé de se lancer dans une carrière en solo. Ensuite, il sort plusieurs albums en solo, tels que Ay Aguitar (Oh guitare !, 1987), Attan Truh (Elle s’est mariée, 1989), Wehdi (Seul, sans elle), Susta (La quiétude et la prospérité tant espérées, 2002), Ma nettraju (La longue attente, 2004), etc.  

Karim Kherbouche

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Vendredi 16 octobre 5 16 /10 /Oct 16:45

Bélaid, Karim et Youva sur scène! 

Le groupe culte de rock pop d’expression kabyle, les Abranis, signe un come-back des plus fulgurants sur scène. Ses fans de toujours l’ont accueilli avec une joie mêlée de nostalgie et de beauté des années 80. La nouvelle génération de mélomanes dont il compte également de nombreux admirateurs bien qu’il soit absent sur la scène musicale une vingtaine d’année durant, pousse un ouf de soulagement de voir enfin revenir des artistes de talent capables de redonner à la chanson kabyle sa crédibilité. C’est Karim Branis, joint entre autres par ses fils Bélaid et Youva, deux jeunes musiciens de haute volée, qui a décidé de relancer la machine Abranis. On constate que l’âme du groupe n’est pas altérée malgré l’absence de certains de ses anciens membres. Karim Branis nous parle dans cette interview qu’il nous a accordée de ses projets de bien d’autres choses qu’on est curieux de connaître sur les Abranis.

  

Qu’est-ce que vous retenez de plus beau de votre retentissant retour sur scène?

Karim Branis : Ben, indéniablement, l’enthousiasme et l’accueil du public ! Après 20 ans d’absence, c’est un plaisir de constater que nos fans ne nous ont pas oubliés, ils sont venus nombreux avec leurs progénitures et familles à nos spectacles. C’est très motivant et encouragent.


Est-ce que vous constatez une certaine différence entre vos spectacles des années folles du groupe Abranis et ceux d’aujourd’hui ?

J’espère que oui, la technologie ayant considérablement évolué, on obtient maintenant un meilleur son, c’est déjà beaucoup sachant que la musique est l’art de combiner des sons de façon agréable à l’oreille. Je ne l’invente pas, c’est dans la théorie musicale que l’on apprend à l’école. Je pense qu’Abranis est un concept en constante évolution dans tous les domaines. Qui n’avance pas recule, dit-on. Même les titres comme « Chenagh le blues » (J’ai chanté le blues) sonnent mieux maintenant et nous prenons toujours le même plaisir à les interpréter sur scène et le public de les réécouter, sans compter les progrès des éclairages et autres effets spectaculaires.

 

Pour quand un nouveau produit des Abranis dans les bacs ?

Dans l’immédiat, un DVD extrait de la tournée en question, accompagné d’un CD 12 titres audio contenant les meilleurs enregistrements live des trois dernières années. L’Album s’intitule « Best Of Live ». On a signé également un contrat avec les Edition Izem pour la réédition de 5 albums contenant le répertoire du groupe remasterisé et un DVD intitulé « Abranis Story » racontant le parcours du groupe des années 80 qui est déjà édité par le passé sous forme de cassettes vidéos.

A plus long terme, nous travaillons sur un album contenant des nouvelles chansons et nous avons une grande tournée à travers le territoire nationale pour l’an prochain.


Enfant, comment Karim Branis a découvert l’univers de la musique en général et du rock’n’roll en particulier sachant qu’à l’époque ce genre musical n’était que très peu adopté en Algérie ?

La première fois que j’ai écouté une chanson jouée avec des instruments de musique, c’était dans un transistor ramené par mon frère Idir (mort pendant la guerre de libération) dans les années cinquante ! C’était un titre de Chérif Khedam. Ce n’est qu’après la guerre, en France, dans les années soixante, que j’ai découvert ma passion pour cet art, et c’est durant la même période que j’ai rencontré les éléments avec lesquels nous avons commencé à jouer en groupe. A l’époque, j’étais très influencé par les Elvis Presley, Johnny Hallyday, les Beatles, Deep purple, Pink Floyd, etc.


Justement, on aimerait bien savoir comment avez-vous rencontré les autres membres fondateurs des Abranis et comment avez-vous eu l’idée de travailler ensemble.

Pour Shamy, c’est un ami qui s’appelle Madjid qui me l’a présenté en soixante-sept, Chabane et moi nous nous connaissions déjà depuis plus longtemps puisque nous sommes tous les deux natifs du même village de Tifilkout, en Kabylie. Quant à Mehdi, c’est Chabane qui l’a ramené en soixante-huit si je me souviens bien ! En soixante- quinze, après une tournée, le groupe se scinda en deux Chabane et Mehdi créèrent un autre groupe, shamy et moi continuâmes le groupe Abranis, rejoint par le batteur Arezki Baroudi et le bassiste Hachemi Bellali pour remplacer les sortants. Nous recrutâmes par audition également dans le début des années quatre vingt le guitariste Yannick Guillo. La liste des musiciens ayant travaillé soit sur scène ou en studio avec Abranis dépasse la quarantaine. C’est pour cela que l’on peut affirmer qu’Abranis est plus un concept évolutif qui dépasse la notion de groupe traditionnel figé sur quelques personnes.


Outre les Elvis Presley, Pink Floyd, les Beatles, Johnny Hallyday, Deep Purple, pourriez-vous nous parler  davantage de  vos influences musicales ?

Pour mes influences internationales, en plus des groupes et chanteurs que je viens de citer, j’apprécie la musique pop rock, la soul et le funk. J’ai toujours autant de plaisir à réécouter des chanteurs comme Otis Reding, James Brown, et j’en passe.

Pour la musique kabyle, j’écoute pratiquement tout ce qui sort, j’ai mes préférences comme tout un chacun, mais je préfère ne pas citer de noms, car j’ai tellement d’amis dans ce métier et je ne voudrais froisser personne. J’ai une préférence pour la chanson traditionnel mélodieuse, la chanson dite chaabi pur et dur. J’aime les rythmes algériens tel le Goubahi, El- Hedi, le rythme kabyle. Je pense que ces rythmes sont encore sous exploités à l’échelle universelle. Quant à la chanson Kabyle, elle demeure trop concentrée sur le texte et pas assez sur le son, ce qui fait d’elle une chanson locale et démagogique, recroquevillée sur elle-même. Je n’aime pas trop non plus les textes trop sinistres, genre l’amoureux qui chante sur la tombe de sa défunte fiancée, etc. Mais il parait que les gens apprécient les chansons tristes ? C’est limite maso (rire)


Un dernier mot peut-être ?

Tanemmirt, merci à vous, merci au public qui nous soutient et nous encourage, au plaisir de faire un beau spectacle au stade d’Akbou dans le cadre de la prochaine tournée Abranis en Algérie.

Entretien réalisé par Karim KHERBOUCHE

Par Damia - Publié dans : Interviews - Communauté : Amazigh
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Mardi 1 septembre 2 01 /09 /Sep 11:49

Le nouvel album de Mohamed Alloua, intitulé « Lhub-iw amezwaru » (Mon premier amour), décline de nouvelles facettes de cet artiste de génie. Fidèle à sa démarche initiale de brassage des musiques, la vedette de la chanson kabyle festive ose à nouveau un parfait mariage entre des genres musicaux qu’il n’a jusque-là jamais chantés.

En effet, tout en invitant irrésistiblement à danser, Allaoua nous fait voyager dans un monde sans frontières où se mêlent joyeusement le folklore kabyle, le gnawi, la country, l’oriental, l’andalou, etc. Sa voix qu’il manipule à volonté et qui lui permet de chanter naturellement dans le grave comme dans l’aigu, est tantôt douce et enjouée, tantôt sarcastique le temps d’une chanson engagée très enflammée, en l’occurrence « Deg’ul-is i gh-yattawi » (Il nous aime bien). Cette dernière chanson s’apparentant à une chronique politique dénote toute la maturité atteinte par l’artiste qui, faut-il le rappeler, a toujours été aussi revendicatif dans ses chansons.

Par ailleurs, la passion de Mohamed Allaoua pour la culture et la langue amazighes qu’il évoque à chacune de ses apparitions télé est perceptible dans ses chansons où il fait usage de néologismes appartenant au registre des initiés en langue berbère.  Quant à l’instrumentation, l’acoustique supplante progressivement l’électronique, c’est pourquoi on constate une nette amélioration sur ce plan-là.

Pour conclusion, ce nouveau produit démontre à plus d’un titre que l’auteur de « a vava cheikh » est loin de dire son dernier mot. Vu son immense talent, il nous réserve sans nul doute plein de surprises à l’avenir. Chapeau bas, Mohamed !

Karim Kherbouche    

Par Damia - Publié dans : Actualité - Communauté : Amazigh
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Vendredi 7 août 5 07 /08 /Août 21:16

Pour être ce qu’elle est aujourd’hui, une icône vivante de la chanson kabyle, Yasmina n’a pas choisi les sentiers battus. Elle a parcouru des chemins étroits et semés d’embûches. Pour elle, chanter, c’est dire sa douleur et celle de beaucoup de ses semblables et, par ricochet, résister face à une honteuse et archaïque façon de penser pourrissant la vie aux femmes.  

Pour cela, l’arme redoutable de Yasmina est sa belle voix, sa grande capacité à comprendre le monde qui l’entoure, sa foi en l’amour et sa parfaite connaissance de la culture et la langue ancestrales. Tout cela se conjugue à sa farouche obstination à aller jusqu’au bout de ses rêves. Ce sont d’ailleurs tous ces éléments-là que l’on retrouve dans l’émouvant récit de sa vie et dans ses magnifiques chansons.    

Yasmina est actuellement l’une des rares chanteuses kabyles à être connue et admirée de toute sa communauté à travers le monde. Elle est donc une sorte de trait d’union entre les enfants de son pays et de vecteur de notre culture. En Algérie, en France ou au Canada, partout où elle passe, elle fait salle archicomble. L’amour que lui voue son public est immense et sa popularité va crescendo. Mais, ce n’est pas pour autant que cette chanteuse sentimentale perde la tête car elle a bien compris que demeurer égale à soi-même stimule la créativité.

Dans cette interview qu’elle nous a accordée, Yasmina nous ouvre son cœur et s’exprime pour la première fois sur bon nombre de sujets intéressants. Ecoutons-la.       

 

Qu’est-ce que ça te fait de savoir que ton dernier album s’est taillé un joli succès ?    

J'aurais bien aimé être en Algérie pour assister à l’événement de près. Ceci dit, l'important est que le message soit bien passé à en croire les échos que j’ai eus. Je dis à mes fans que mon cœur est toujours avec eux bien que je sois physiquement loin d’eux.

J’avoue qu’au moment de la sortie de cet album que j’ai intitulé "N'mara n tmara", j'ai eu beaucoup de stress. C’est le même état d’esprit que j’ai en m’apprêtant à monter sur scène pour chanter devant mon public. Cela m’a soulagée d’apprendre ce produit a rencontré un vif succès auprès de mon public que j’ai peur de décevoir.

 

Le succès ne t’affole-t-il pas ?!

Non, pas à ce point! (rire) Ce n’est pas ce que je recherche d’ailleurs. Toutes mes chansons racontent pratiquement ma vie. Mes joies et mes soucis sont ceux de beaucoup de femmes kabyles. Les chanter (me) soulage. C’est une sorte de thérapie. 

 

Ceci dit, tu crains quand même que ton prochain album soit moins bien fait que celui-ci, n’est-ce pas ? 

D’un côté, c’est vrai mais j'ai la chance d’être entourée de talentueux musiciens, tels Madjid Halit et Mohand Tahir ...   Et on ne lésinera pas sur les efforts pour que ce soit toujours mieux et ce, avec l’aide de Dieu.

 
Passons sans transition à ton mariage, en été 2006, si cela ne te dérange pas. Tes fans n’ont pas bien apprécié que sa célébration soit faite en cachette, qu’as-tu à leur dire ?

Non, je ne suis pas mariée en cachette ! (rire) Au contraire, lors de mon mariage, la radio chaîne deux ainsi que des journalistes d’un quotidien national étaient présents. J’avais envisagé de l’organiser dans un stade ou bien dans une grande salle pour faire assister le maximum de gens mais ce n’était pas possible. Dommage.    


Quelques jours après ton mariage, tu étais montée sur scène à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi, vêtue de ta nouvelle robe de mariée (voir photos), pourquoi donc ?   

C’était justement pour moi l’occasion de fêter mon mariage avec mes fans. Mon public, c’est ma deuxième famille. 


Comment Yasmina arrive-t-elle à faire l’équilibre entre sa vie de famille et sa vie artistique ?

C'est difficile mais je fais avec. Je m'absente pendant les moments d'enregistrement et les spectacles mais des fois mes enfants viennent avec moi et ils aiment bien ça.  La vie continue et Dieu merci.

C’est vrai que ce n’est pas toujours facile d'être au four est au moulin mais bon. J’arrive quand même à joindre l’utile à l'agréable heureusement. Mes enfants sont ma raison d’être, ma source d’inspiration. La vie, c’est un ensemble d’éléments en harmonie et, comme on dit, si un être manque on sent que tout est dépeuplé.

 

Quand tu es heureuse dans ta vie privée, tu ne te sens pas à court d’inspiration,  toi qui est plutôt triste dans tes chansons ?

La tristesse, ça fait partie de la vie. Elle est là pour donner un sens à la joie. Tant que j’aime la chanson, rien ne pourra me changer de direction. Je continuerai toujours de chanter ce pour quoi mon public m’a adoptée.

 

Un fan t’accoste en pleine rue et te demande un autographe et tu es pressée, que ferais-tu ?
Je lui signerais un autographe s’il n’y a pas d’empêchement majeur.

Un de tes enfants veut devenir chanteur, que lui conseillerais-tu ?

Je l'aiderai s’il a vraiment la chanson dans le sang.

 

Ton chanteur ou chanteuse préférée ?

J'aime un chanteur qui est connu pour avoir payé de sa vie son combat et une chanteuse qui a chanté les difficultés de la femme algérienne. Tout le monde devine qui c’est.


Qu’est-ce que tu regrettes dans ta vie, Yasmina ?

Non, je ne regrette rien. J’ai réalisé mon rêve de devenir chanteuse, peu importe que je paye un lourd tribut à la bêtise humaine. Peu importe les séquelles de mon passé. La fin justifie les moyens. Dieu merci, mes enfants sont là avec moi et la vie continue.


Quels sont tes projets à court terme ?

Je me suis produite là où il y a mes fans : au Canada, en France… et mon souhait actuellement est de rentrer en Algérie pour retrouver mon public. Cela me manque terriblement.

 

Quel est le plus grand rêve de Yasmina ?

Mon plus grand rêve est d’accumuler le plus d’argent possible pour aider les handicapés, les malades et les pauvres. 


Un dernier mot avant de se quitter ?

Un coucou pour mon public. Je remercie toutes les personnes qui m’ont aidée et particulièrement Madjid Halit, Mohand Tahir, Youcef Saou, Hamid Moualhi, Dahmane Ben Dahmane, Rabah Oukrine, Samia Tmeghras, l’équipe du studio la Muse, et toutes mes excuses à celles ou ceux que j’ai oubliés de citer.  

Je profite de l'occasion pour saluer yemma Aldjia Matoub, Ferhat Imazighen Imula. Je souhaite la paix, l'union et la prospérité pour notre pays.

Entretien réalisé par Karim KHERBOUCHE

Photo de Samia Tmeghras

Par Damia - Publié dans : Interviews - Communauté : peace hope unity
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