Dimanche 20 juillet 2008

Comment va Massa Bouchafa?
- Je vais bien pour ce début de l'année 2006, j'espère que ça ira de mieux en mieux.

Pourquoi donc ce DVD best of en ces moments-ci?
-Tout simplement pour faire plaisir à mes fans, je voulais leur offrir mes chansons marquantes sous forme de best of. Tout au long de ma carrière d'artiste, j'ai pu sortir sur le marché de nombreux albums, je me suis dit alors pourquoi pas réunir quelques titres phares sur une compilation.
De plus, j'ai débuté la chanson en 1989, cela fait maintenant 15 ans, ça se fête, non !? (rires)
J'ai aussi envie de faire connaître mes chansons à la nouvelle génération qui entend parler de Massa Bouchafa mais ne connaît pas forcément tout mon répertoire et mes anciens titres, comme par exemple "Dda Lmulud".
Le DVD contient 9 titres qui ont été tournés en Algérie, j'ai voulu en faire des courts métrages, raconter mes chansons sous formes de clips musicaux avec des comédiens
des rebondissements comme par exemple dans mon titre "Yir argaz".
La réalisation de ce produit s’est déroulée dans de très bonnes conditions, car j'ai travaillé avec une équipe formidable que ce soit avec les ballets de danses, les comédiens et les techniciens. Ma foi ! C’était une bonne ambiance professionnelle et conviviale. C’est quand même très important de travailler dans de bonnes conditions pour mener à bien un bon projet musical. D'ailleurs, au passage, je profite pour les remercier un par un pour leur participation.

Massa est connue pour travailler en étroite collaboration avec son mari M'hend. Peut-on dire qu'il est pour quelque chose dans ton succès?
- ( Rires) Effectivement, je pense que nous formons un duo complémentaire, car moi je chante et lui m'écrit des chansons. Il y a des moments où je puise mes idées des histoires de la vie quotidienne de mes fans ou de mon entourage et j'en parle à mon mari, l’inspiration ne nous quitte jamais. C'est pour moi agréable de travailler avec quelqu'un qui me comprend et me motive pour aller de l'avant.
Ma famille est ma première force pour me booster, car elle est toujours là pour m'encourager.
A propos, parlez-nous de vos enfants ? - Je suis maman de deux merveilleux enfants, un garçon et une fille qui s’appellent respectivement Amazigh et Tilelli.

Vu que tu as souvent un programme chargé, parviens-tu facilement à joindre la famille à la chanson?

- Il y a des moments où je ne les vois pas, mon métier me prend tout mon temps, mais je m'arrange toujours afin d’être à leur côté pour leur éducation, les aider à avancer dans leurs études. Je suis d’abord maman ; la chanteuse vient après. Quand je ne travaille pas, mon temps leur est totalement réservé. Et lorsque j’ai des concerts, il m’arrive de les emmener avec moi en tournée afin qu'ils puissent me voir et leur faire partager des moments de joie et, pourquoi pas, développer leur ouie musicale.

Quels sont tes projets?
- Alors, mes projets : sortir un nouvel album, tourner de nouveaux clips, animer des concerts et galas et toujours satisfaire au mieux mon public.
Si l'on te demande quelle est la chose que tu regrettes de n’avoir pas fait dans ta vie, ça serait laquelle? -(Après un long silence) J'ai beau réfléchir, je ne vois pas, car grâce à Dieu je suis comblée, j'exerce le métier que j'aime, j'ai une merveilleuse petite famille, donc non je ne regrette rien.

Combien de fêtes as- tu animées pendant cet été ?
- Ma foi ! Beaucoup, je ne peux pas les compter, la période estivale pour moi est toujours riche en mariages, festivals, concerts... Je n'ai pas le temps de m'ennuyer franchement ( rires)
Y a-t-il pour toi une différence entre les fêtes en Algérie et celles que tu animes en France ?
As tu une préférence? - La différence qu'il peut y avoir c'est le paysage, ce n'est pas le même environnement. En Algérie, je suis au coeur même de notre culture, mais je n'ai pas vraiment de préférence car je suis aussi proche du public en Algérie qu’au sein de notre communauté en France et tous les deux me le rendent bien. J'ai autant de plaisir à leur faire partager mes émotions et mes chansons des deux cotés de la mer.

Massa, dans la vie de tous les jours, est-elle comme on la connaît sur scène, c'est à dire toujours d'humeur joyeuse?
- Oui tout a fait, je suis de nature souriante et dynamique ! Sur scène, je me donne à fond car j'aime mon métier et ça se ressent ; dans la vie de tous les jours, j'aime la vie avec ses hauts et ses bas et ça se ressent également. Pourquoi changer ? Rester naturel, c'est mieux !

Un mot pour conclure?
-Je voudrais présenter mes meilleurs vœux au peuple algérien en général et aux lecteurs des Nouvelles Confidences en particulier, sans oublier mon fidèle public qui me soutient quotidiennement. Que cette année puisse nous apporter du bonheur et que de bonnes nouvelles ! 
                             
                                                                                              Entretien réalisé par Karim KHERBOUCHE

Par Damia Sekoura - Publié dans : Parole aux artistes !
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Lundi 7 juillet 2008

C’est un Amour Abdenour épanoui et heureux que nous avons rencontré lors du spectacle qu’il a co-animé avec une pléiade d’autres chanteurs à l’occasion du 28e anniversaire du printemps berbère. Il est heureux de retrouver son public vivant en Algérie et de l’accueil chaleureux que celui-ci lui a réservé.    
Nous l’avons rencontré et il s’est prêté volontiers à notre jeu des questions-réponses.

Cela fait longtemps qu’on ne vous a pas vu sur scène en Algérie, cela vous a-t-il manqué ?   
« Bien sûr que ça me manque de chanter chez nous pour mon public. Hélas, parfois, eu égard au manque flagrant de professionnalisme en matière d’organisation de spectacles, je me dis que mieux vaut rester chez soi que de mal se produire.
Naturellement, on aimerait bien se produire sur scène parce que l’essence même d’un artiste, c’est d’aller vers son public. Bien entendu, ce n’est pas uniquement pour célébrer une date symbolique comme le Printemps berbère, qu’on doit organiser un gala… »

N’est-ce pas frustrant pour votre public en Algérie de vous voir sur Internet vous produire à l’étranger, alors que presque jamais chez nous ? Pour être plus clair, doit-on partir en France pour voir un chanteur algérien ?      
« Il y a plusieurs raisons bien sûr. La question de moyens vient en premier.  A l’étranger on peut se produire dans de bonnes conditions tant les salles de spectacles répondent aux normes exigées. On peut ajouter, entre autres, la cause de la dégradation des conditions socio-économiques qui a éloigné le citoyen de la culture. On ne peut  pas se permettre d’aller voir un film, alors qu’on est chômeur et qu’on a du mal à joindre les deux bouts. C’est la triste réalité malheureusement. De plus, à l’étranger, nos compatriotes ont un peu plus besoin de se retrouver et de ressourcer. »

Amour, vous qui avez chanté beaucoup la jeunesse, à votre avis, qu’est-ce qu’il faut pour redonner l’espoir aux jeunes ?
« Ma foi, il n’y a pas plus triste qu’un jeune qui perd espoir. C’est malheureux de voir aujourd’hui où nous en sommes : des jeunes qui s’adonnent à la drogue, d’autres qui fuient  vers des pays étrangers au péril de leur vie, d’autres même qui vont jusqu’à mettre fin à leur vie. La vie n’est pas rose pour nos jeunes qui méritent beaucoup mieux dans ce beau et riche pays. Non seulement ils font face à la crise économique, mais aussi à celle de la perte de nos valeurs ancestrales de solidarité et d’attachement à la terre qui nous a vue naître.    
Moi je dis que quelque soit la situation d’une personne, on doit toujours avoir de l’espoir, car l’espoir fait vivre. La vie demeure le plus cadeau du Créateur.
Nous quand nous étions jeunes, nous n’avions pas grand-chose mais nous avions de l’espoir et nous étions heureux parce que, généralement, on ne travaillait pas pour rien. Les études avaient aussi un sens, avec un diplôme on pouvait réussir sa vie, ce n’est souvent pas le cas aujourd’hui. »             

On dit que votre chanson « mmi-s n tmurt-iw » est inspirée d’une histoire tragique vraie, le confirmez-vous ?
« En effet, c’est une histoire vraie. Celle-ci s’est déroulée dans mon village en 1982. J’avais à l’époque 30 ans. C’est l’histoire d’un ami cher et de son fils qui sont allés pêcher à la rivière. Le fils est tombé dans l’eau, il a été happé par les flots. Son père a essayé vainement de le  secourir. Celui-ci est mort par noyade. Profondément choqué mon ami est décédé d’une crise cardiaque. Ils sont donc morts tous les deux en même temps. J’ai écrit cette chanson comme un hommage pour eux. »

On dit aussi que vous avez un frère qui vous ressemble beaucoup physiquement, qui a une voix comme la vôtre, parfois même il se produit sur scène à votre place…
« C’est en effet mon frère Hafid, je suis plus âgé que lui de quatre ans. Ce sont mes chansons qu’il chante. S’il me ressemble ? Je ne sais pas vraiement…peut-être parce qu’on a les mêmes cheveux blancs ! (rire)
Mais il ne chante jamais à ma place, non (rire). Il se produit en son nom personnel. »

Quelle est votre principale source d’inspiration ?
« J’essaie de toucher à tout ce que je vis et vois au quotidien. L’artiste doit avoir le sens de l’observation, savoir écouter et trouver une manière originale d’appréhender chaque situation qu’il met en chanson. En fait, il n’y a pas de bas sujets, il n’y a que des sujets bien ou mal traités. L’amour devrait être le credo même de tous les sujets traités par un artiste. Je tiens à réitérer ce que j’ai toujours dit : un monde où les gens s’aimeraient un peu plus ne pourrait être que meilleur. »

Votre manière à vous d’aborder un sujet accorde une importance particulière aux descriptions, pourquoi ? Cela a-t-il un lien avec votre formation de géomètre, métier que vous avez cessé d’exercer en 1995 pour vous consacrer totalement à la chanson?  
« C’est fort probable dans la mesure où le géomètre fait un travail de précision et est perpétuellement au contact de la nature…
Je pense que pour faire sentir à quelqu’un ce que l’on ressent, il n’y a pas mieux que de décrire. L’artiste doit avoir la capacité de faire rire et pleurer sans qu’il rit ou pleure. »

Certaines de vos dernières chansons sont un peu plus instrumentales que d’habitude, ne craignez-vous pas de devenir méconnaissable aux yeux de vos fans ?
« Je n’ai pas changé mais il faut bien évoluer avec le temps. Je ne fais qu’enrichir mon travail. Nous ne sommes plus à l’époque où l’on chantait avec les seuls mandole et derbouka. Si on n’évolue pas, on risque de disparaître tant la médiocrité a atteint des pics alarmants. La mode est aujourd’hui au rythme mais le bon rythme n’empêche pas la bonne parole. »

Vos chanteurs préférés ?
« Tous les anciens : Taleb Rabah, Akli Yahiatène, Kamel Hamadi, Chérif Kheddam, pour ne citer que ceux-là. Il y a de jeunes chanteurs aussi qui ont du talent comme Mohamed Allaoua. J’écoute toutes les chansons qui me plaisent.  J’aime aussi et surtout Jacques Brel. »

En dehors de la chanson, quelles sont vos autres occupations ?
« Je fais du sport. Avant je lisais  plus qu’actuellement. » 

Citez-nous un livre que vous aimeriez relire ?
« Le Vieil Homme et la Mer d’Hemingway. »  

Vous adorez la campagne, n’est-ce pas ?
« Et comment ! Je n’ai pas de pays de rechange. Tamurt qui nous a vus naître n’a et n’aura guère d’égal. Retourner là où on est né, c’est comme un besoin viscéral chez nous. » 

Un mot peut-être avant de se quitter, Abdenour ?
« Je vous remercie vous personnellement pour vos articles sur moi alors que je ne vous avais jamais rencontré. » 
                    Entretien réalisé par Karim KHERBOUCHE  et Michèle Gilles
                    Le magazine Les Nouvelles Confidences N°397 du 07 au 21 juillet 2008
 

Par Damia Sekoura - Publié dans : Parole aux artistes !
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Jeudi 26 juin 2008

Ton premier album est enfin sur le marché, quel est ton sentiment ?
Je pense d’ores et déjà à mon prochain album.  Je peux faire beaucoup mieux que ça. Je remercie l’association Idles et tous les rappeurs qui m’ont donné un coup de main dans la réalisation de cet album. 

A écouter tes chansons, à l’âge de 18 ans, tu es déjà un pur et dur du rap engagé et très critique vis-à-vis du rap récréatif … 
Avant tout, c’est Matoub que j’écoutais le plus depuis ma tendre enfance. Matoub est le père spirituel des rappeurs kabyles. Il nous a inculqué son côté underground qui était le sien bien qu’il chante autre chose que le rap. Cette liberté de ton, c’est surtout grâce à lui que nous l’avons acquise. Nekk d yiwen ger wid i d-irebba Lwennas !

Certaines de tes chansons n’existent que sur internet, des centaines de personnes les consultent quotidiennement, est-ce que tu les juges trop obscènes pour les sortir sur le marché ?
(Eclat de rire) Ah non, ça c’est inaudible dans notre société ! Ad asent-slen yimawlan ad ayi-ssufghen seg wexxam !!! De plus, je ne crois pas qu’il y ait un éditeur qui accepterait d’éditer des chansons pareilles. Ceci n’a pas empêché beaucoup de jeunes à les télécharger et à les écouter sur leurs baladeurs. Franchement, je ne m’attendais à un tel succès de ces chansons, vu la vitesse avec laquelle elles sont diffusées sur la toile. Des personnes anonymes s’en sont chargées en les mettant en ligne sur leurs blogs et sites. On les retrouve sur plusieurs sites internet et forums. Internet nous permet de dire ce que l’on ne peut pas dire dans nos albums. Et c’est déjà pas mal (rire).

Est-ce que tu te shootes comme tu le dis dans tes chansons !?
(Eclat de rire). Ah non !!! Dans mes chansons je me mets dans la peau des personnages qui ne sont rien que le fruit de mon inspiration de la réalité de chez nous. La rue algérienne pullule de mes personnages auxquelles je ressemble étant moi-même un enfant de cette Algérie profonde. La jeunesse de notre pays a ses propres maux et ses propres mots pour les dire. La Kabylie, ce n’est ni les ghettos américains, ni la banlieue française.

Les études, Karim ?
Je les ai arrêtées au collège ! (rire). J’avais une autre occupation : le rap. C’est dommage mais c’est comme ça. Toutefois, je ne pleurniche pas, j’ai d’autres chats à fouetter. Yerna, leqraya s lugha n yeghyal rnigh-tt i win i tt-yebghan. Amer s tmazight, ad ghregh s tidett!

Parlons du langage dont fon usage les rappeurs …
Ca ne sert à rien d’abuser de termes étrangers à notre langue. On est bien capable de chanter le rap en kabyle bien soigné. Le kabyle est une langue du rap. Je ne tiens pas à toucher le monde entier, je chante pour les miens. Sans les miens, je ne suis rien. La vie m’a appris que pour se faire connaître, il faut d’abord se connaître. Ceci n’explique pas que je me désintéresse de ce qui se passe ailleurs. Je suis le frère de tous les humains et l’ami de la faune et la flore.

Que penses-tu des rappeurs algériens en général ?
Nekk snegh kan wid icennun rap s tmazight, wiyad ad ruhen ad fken !

Lotfi Double Kanon par exemple…
Ad iruh ad ifek taxna-s !

Enfin, qu’est-ce qu’il faut pour que le rap kabyle prenne son envol ? 
Le rap kabyle a besoin leader ! On l’aura dans seulement quelques années à venir, j’en suis certain. Le public existe et il est de plus en plus nombreux. Comme vous pouvez le constater, la plupart des jeunes d’aujourd’hui adorent le rap. Les éditeurs n’ont qu’à ouvrir grand les yeux et se mettre au diapason des nouveaux goûts des jeunes mélomanes. La Kabylie, connue pour être une région frondeuse, a besoin de rap. Le rap engagé, c’est aussi le rap commercial puisqu’il a son public. Qu’on cesse alors d’entretenir l’amalgame là-dessus.  
Je lance un appel à tous les jeunes rappeurs kabyle pour chanter en kabyle. On ne peut chanter en arabe mieux que les arabes, on ne peut pas non plus chanter en français mieux que les français. Naturellement, personne ne peut chanter en kabyle mieux que nous les kabyles. Le Kabyle est une très belle langue, c’est notre originalité.
Ce dont je suis sûr, c’est que le pouvoir algérien ne soutiendra jamais un rappeur kabyle et ce, quelque soit la langue dans laquelle il chante. Le rap et la Kabylie sont deux mots qui lui font peur.        
 
Tanemmirt a Karim.
Tanemmirt a gma !     
                                                                                  Propos recueillis par Karim Kherbouche 
P.-S: Clique sur la photo pour accéder au blog de Karim MTM.   

Par Damia Sekoura - Publié dans : Parole aux artistes !
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Jeudi 26 juin 2008

Lounés Matoub : les dessous d’un crime orchestré (1ère partie)
25 juin 1998, le chanteur kabyle Lounès Matoub est assassiné au lieu dit Tala Bounane, à quelques kilomètres de chez lui à Tawrirt Moussa en Kabylie. Sa femme et ses deux belles-sœurs seront blessées dans l’attentat. Ses assaillants, une dizaine selon des témoins oculaires, s’évanouissent dans la nature. Lire la suite.
Lounès Matoub: les six derniers mois de la vie du rebelle (2ème partie)
La récente union du chanteur Melle B. Nadia, jeune étudiante en architecture à Tizi-Ouzou, l’avait obligé à ne pas quitter le pays pour de longues périodes. Ainsi, entre janvier 1998 et juin de la même année, le chanteur a effectué trois allers-retours entre l’Algérie et la France. Trois déplacements qui n’excédaient guère un mois. Les trois pour des raisons professionnelles : concert du 17 janvier au Zénith de Paris et enregistrement de son dernier album. Lire la suite
 

Par Damia Sekoura - Publié dans : Lounes Matoub
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Mardi 24 juin 2008

L’hymne à l’amour …d’Amour Abdenour
Il est des mots qu’on n’entend bien qu’avec le cœur. Ceux du chanteur Amour Abdenour sont de ceux qui laissent au plus profond de l’âme l’empreinte indélébile de ce grand humaniste.
Son nom, « Amour», à lui seul exprime tout ce que représente ce chanteur pour ses nombreux fans. Il est le reflet de son esprit, de son grand cœur et de cette générosité qui transparaissent dans chacune de ses chansons.
Sa voix chaude, rauque, pleine d’intonations voluptueuses et tendres, distille à nos oreilles des mélopées parfois sentimentales, parfois enlevées qui suscitent des émotions profondes en chacun de nous.
Il est la parole de ceux qui, silencieux, l’écoutent et partagent ses pensées profondes.
Il est le reflet de cette jeune génération qui aspire à tant de choses, qu’il sait si bien exprimer dans de belles romances qui touchent chacun d’eux en plein cœur.
Son visage auréolé de douceur, ses yeux de braise et de velours, une fine moustache bien taillée, et ses cheveux blancs légèrement cendrés apportent une touche délicate à ses traits.
Son sourire, sa gentillesse naturelle lui ouvrent à elles seules les portes du monde.
Les sonorités de sa mandoline déversent dans nos veines la passion, l’amour, la révolte et les douleurs d’un peuple fier, qu’il représente fidèlement partout où il passe.
Il donne à la chanson Kabyle sa nostalgie, ses espoirs, son courage et sa gentillesse.
Ses admirateurs lui donnent en échange leur amitié, leur inaltérable fidélité, leur sympathie et parfois bien plus que cela.
Les mots ne sont rien sans les sentiments. Les sentiments ne seraient rien sans les mots. Tout au long de sa carrière, Amour a su nous offrir les mots et les sentiments, les uns dans les autres, pour qu’à jamais l’amour rime avec toujours.
En un mot comme en cent, Amour représente aux yeux de ses admirateurs de toutes les générations le fer de lance de cette armée fraternelle et non violente qui prône l’amour plutôt que la guerre.

                                                    Karim Kherbouche

Par Damia Sekoura - Publié dans : Potrait d'un artiste
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