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Cicéron, le talentueux rhétoricien latin, pour dénoncer la perversité et la corruption des hommes de son temps, s’exclamait : « O temps ! o moeurs ! ».
Cette célèbre exclamation est plus que jamais d’actualité, surtout lorsque l’on évoque l’art et les artistes de notre temps qui, pour la plupart, ne sont animés que par le show-business et la convoitise mercantile.
D’aucuns s’empresseront à dire qu’il s’agit là d’une opinion anachronique et qu’à chaque époque ses hommes, ses mœurs et, partant, ses artistes.
Ou encore : notre époque n’a plus besoin de ces artistes qui se consument toute leur vie pour, croient-ils, éclairer ce qu’ils appellent leur peuple. Loin de prétendre engager un débat, au demeurant philosophique, sur la relation qui existerait entre l’artiste et son temps, il est néanmoins clair comme de l’eau de roche que la qualité des oeuvres artistique actuelles est lamentablement médiocre. L’art n’est plus ce qu’il doit être et ce pour quoi il est né. L’art est profané, piétiné, éclipsé dans le cadre établi de la consommation.
L’art n’est plus rebelle, il est devenu docile et ne perturbe plus jamais les peuples, livrés à l’opium et le bâton, dans leur sommeil.
Disons-le sans ambages : les artisans de notre époque ont peur de l’art, du vrai ; il les menace dans leurs intérêts mesquins et totalitaires !
Les fossoyeurs de la liberté, les tyrans de tous acabits peuvent maintenant dormir tranquille, leur mission est bel et bien achevée : l’art, l’arme redoutable des opprimés, est totalement annihilé.
Bien plus que cela : ils peuvent maintenant le détourner de sa vrai vocation et en faire un moyen pour mettre au pas tout ce qui peut constituer un obstacle à leurs desseins machiavéliques.
Où sont passés ces prestigieux poètes, peintres, musiciens, chanteurs d’antan qui ont accouché des oeuvres éternelles et qui sont morts de faim ou de froid !? Ils ont passés leur vie sans sou ni toit en se sacrifiant corps et âme pour l’art, sachant que leur véritable existence ne dépendait pas de la fin de leur courte vie.
Le monde moderne a apporté à l’art la technologie l’aidant à améliorer la qualité et lui facilitant sa propagation, mais, comble de misère, ce moyen n’est pas utilisé à bon escient et c’est la montagne qui accouche d’une souris !
A mon humble connaissance, cette stérilité artistique de l’homme moderne est due à la non distinction entre l’oeuvre d’art et les autres produits de consommation. L’ordre économique mondial soumet tout ce qui se vend et s’achète à la même règle de la concurrence et de l’accumulation des profits.
C’est ainsi qu’on a corrompu l’artiste, à qui on fait croire que seul l’argent est à même de lui assurer une existence dans cet univers où la compétitivité a atteint ses dimensions paroxystiques.
Dur, dur à un artiste d’émerger actuellement en marge des médias comme cela se faisait dans le passé !
Ces mêmes médias sont encore sous la botte des blaireaux et ne laissent, notamment dans les pays où sévissent encore les dictateurs, passer aucune expression, artistique soit-elle ou autre, qui sort de la « norme ».
Les boucans de tous genres se sont substitués à la belle chanson qui fait penser, rêver, rire, aimer, vivre en un mot.
Le rôle des médias est normalement d’aider les artistes à sortir de l’anonymat, chez nous, on demande à l’artiste d’être célèbre, c’est-à-dire rentable, pour enregistrer ou avoir accès à ces médias qui sont généralement les biens du contribuable !
Sans citer l’escroquerie dont il font l’objet et ce, sans pouvoir bouger le petit doigt. On retrouve par exemple sur les jaquettes des cassettes ou CD des messages publicitaires de la maison d’édition écrits en gros caractères et parfois sur la photo même du chanteur ! Le malheur dans ce monde sans scrupules, c’est lorsque ceci se fait avec le consentement des artistes !
Trop de charlatans dans le monde de la chanson et de l’art en général !
Trop de bruit, trop de musique de cinglés si bien qu’on ne parvient plus à y reconnaître le vrai son de la belle musique !
Cette belle musique existe encore, j’en suis persuadé, mais elle ne trouve pas l’oreille qui saurait l’apprécier à sa juste valeur et, par conséquent, ses artisans finissent toujours par s’éclipser et passer l’arme à gauche.
Alors, s’il vous plait, qu’on se taise pour qu’on puisse écouter de la musique, de la vraie !
                                                                                  Par Karim Kherbouche

Tag(s) : #Chroniques
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