Le nouvel album de Mohamed Alloua, intitulé « Lhub-iw amezwaru » (Mon premier amour), décline de
nouvelles facettes de cet artiste de génie. Fidèle à sa démarche initiale de brassage des musiques,
la vedette de la chanson kabyle festive ose à nouveau un parfait mariage entre des genres musicaux qu’il n’a jusque-là jamais chantés.
En effet, tout en invitant irrésistiblement à danser, Allaoua nous fait voyager dans un monde sans frontières où se mêlent joyeusement le folklore kabyle, le gnawi, la country, l’oriental, l’andalou, etc. Sa voix qu’il manipule à volonté et qui lui permet de chanter naturellement dans le grave comme dans l’aigu, est tantôt douce et enjouée, tantôt sarcastique le temps d’une chanson engagée très enflammée, en l’occurrence « Deg’ul-is i gh-yattawi » (Il nous aime bien). Cette dernière chanson s’apparentant à une chronique politique dénote toute la maturité atteinte par l’artiste qui, faut-il le rappeler, a toujours été aussi revendicatif dans ses chansons.
Par ailleurs, la passion de Mohamed Allaoua pour la culture et la langue amazighes qu’il évoque à chacune de ses apparitions télé est perceptible dans ses chansons où il fait usage de néologismes appartenant au registre des initiés en langue berbère. Quant à l’instrumentation, l’acoustique supplante progressivement l’électronique, c’est pourquoi on constate une nette amélioration sur ce plan-là.
Pour conclusion, ce nouveau produit démontre à plus d’un titre que l’auteur de « a vava cheikh » est loin de dire son dernier mot. Vu son immense talent, il nous réserve sans nul doute plein de surprises à l’avenir. Chapeau bas, Mohamed !
Karim Kherbouche
Je vous propose de lire cette chronique de Karim Kherbouche sur la chanson et le showbiz.
Cicéron, le talentueux rhétoricien latin, pour dénoncer la perversité et la corruption des hommes
de son temps, s’exclamait : « O temps ! o moeurs ! ».
Cette célèbre exclamation est plus que jamais d’actualité, surtout lorsque l’on évoque l’art et les artistes de notre temps qui, pour la plupart, ne sont animés que par le show-business et la
convoitise mercantile. Lire la suite et laisser un
com. Cicéron, le talentueux rhétoricien latin, pour dénoncer la perversité et la
corruption des hommes de son temps, s’exclamait : « O temps ! o moeurs ! ».

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