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Tadukli, le Kabyle Magazine

Magazine artistique, politique et culturel de la Kabylie. Cet espace prône le dialogue entre les peuples et les cultures. Il est ouvert aux autres cultures du monde.

Cheikh Al-Mahdi, le fils de la Soummam

Publié le 20 Décembre 2010 par Karim Kherbouche in Publications

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Un nouvel ouvrage propose une incursion voyageuse dans l’œuvre d’une grande figure de la musique kabyle : Le livre qui vient de paraître rend hommage à Allam Mahdi alias Cheikh El Mahdi, chanteur, auteur compositeur et instrumentaliste d’exception (1946-2009).

Intitulé Cheikh El Mehdi, Mmi-s n Ssumam, l’ouvrage est signé Boualem Bouahmed et Mohand Aït Ighil. Edité aux éditions Framed avec le soutien de la fondation cheikh El Mahdi, le récit prend l’allure d’une immersion dans la très riche carrière du grand Mahdi.
En guise de biographie, le récit raconte que dans les années 70, le jeune Mahdi accompagnait El Ankis, Ezzahi, El Mechri et bien d’autres figures de proue du Chaâbi. Le livre convie aussi le lecteur à une lecture de textes écrits par le défunt poète chanteur qui avait adapté des textes de La Fontaine, Ésope à qui on attribue la paternité de la fable comme genre littéraire, mais aussi l’écrivain persan
Ibn El Mouqafa.

En 1976, il enregistre son premier 45 tours, Agma Ruh xdu-yi, avant de récidiver en 1987 et en 1991. Il finalise durant les derniers jours de sa vie un album en hommage à son fils qui a trouvé la mort dans un accident de la route. «L’œuvre est prête à l’enregistrement, mais la mort a emporté le cheikh», regrettent en chœur ses disciples. Atteint d’une pleurésie, il rendra l’âme à l’âge de 63 ans à Sidi Aïch, un certain triste 30 décembre 2009. Le livre propose aussi une compilation de témoignages des compagnons du chanteur. Tour à tour, Akli yahyaten, Rachid Talbi (troupe Debza), Cherif Hamani ou encore Hamou Abdeli et bien d’autres figures de la chanson Kabyle attesteront du talent de ce maître du Chaâbi plein d’abnégation. Abdelkader Bouhi se souvient des circonstances ayant marqué la création de l’association des artistes de la wilaya de Béjaïa.

«Nous nous sommes déplacés Boudjemâa Agraw et moi à Takaryetz, son village, nous avons sollicité le Cheikh pour être un des membres fondateurs de l’association et il a accepté.» Il savait que les mots sont fragiles, mais il savait aussi qu’ils peuvent devenir des armes pour enrichir la sémantique et la poésie de la chanson kabyle.  C’est de ce combat qu’il est question tout au long de sa vie artistique. Une carrière qui, au désert culturel, oppose l’infracassable magie du verbe.
 Cherif Lahdiri

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