Parole aux artistes !

Vendredi 16 octobre 2009

Bélaid, Karim et Youva sur scène! 

Le groupe culte de rock pop d’expression kabyle, les Abranis, signe un come-back des plus fulgurants sur scène. Ses fans de toujours l’ont accueilli avec une joie mêlée de nostalgie et de beauté des années 80. La nouvelle génération de mélomanes dont il compte également de nombreux admirateurs bien qu’il soit absent sur la scène musicale une vingtaine d’année durant, pousse un ouf de soulagement de voir enfin revenir des artistes de talent capables de redonner à la chanson kabyle sa crédibilité. C’est Karim Branis, joint entre autres par ses fils Bélaid et Youva, deux jeunes musiciens de haute volée, qui a décidé de relancer la machine Abranis. On constate que l’âme du groupe n’est pas altérée malgré l’absence de certains de ses anciens membres. Karim Branis nous parle dans cette interview qu’il nous a accordée de ses projets de bien d’autres choses qu’on est curieux de connaître sur les Abranis.

  

Qu’est-ce que vous retenez de plus beau de votre retentissant retour sur scène?

Karim Branis : Ben, indéniablement, l’enthousiasme et l’accueil du public ! Après 20 ans d’absence, c’est un plaisir de constater que nos fans ne nous ont pas oubliés, ils sont venus nombreux avec leurs progénitures et familles à nos spectacles. C’est très motivant et encouragent.


Est-ce que vous constatez une certaine différence entre vos spectacles des années folles du groupe Abranis et ceux d’aujourd’hui ?

J’espère que oui, la technologie ayant considérablement évolué, on obtient maintenant un meilleur son, c’est déjà beaucoup sachant que la musique est l’art de combiner des sons de façon agréable à l’oreille. Je ne l’invente pas, c’est dans la théorie musicale que l’on apprend à l’école. Je pense qu’Abranis est un concept en constante évolution dans tous les domaines. Qui n’avance pas recule, dit-on. Même les titres comme « Chenagh le blues » (J’ai chanté le blues) sonnent mieux maintenant et nous prenons toujours le même plaisir à les interpréter sur scène et le public de les réécouter, sans compter les progrès des éclairages et autres effets spectaculaires.

 

Pour quand un nouveau produit des Abranis dans les bacs ?

Dans l’immédiat, un DVD extrait de la tournée en question, accompagné d’un CD 12 titres audio contenant les meilleurs enregistrements live des trois dernières années. L’Album s’intitule « Best Of Live ». On a signé également un contrat avec les Edition Izem pour la réédition de 5 albums contenant le répertoire du groupe remasterisé et un DVD intitulé « Abranis Story » racontant le parcours du groupe des années 80 qui est déjà édité par le passé sous forme de cassettes vidéos.

A plus long terme, nous travaillons sur un album contenant des nouvelles chansons et nous avons une grande tournée à travers le territoire nationale pour l’an prochain.


Enfant, comment Karim Branis a découvert l’univers de la musique en général et du rock’n’roll en particulier sachant qu’à l’époque ce genre musical n’était que très peu adopté en Algérie ?

La première fois que j’ai écouté une chanson jouée avec des instruments de musique, c’était dans un transistor ramené par mon frère Idir (mort pendant la guerre de libération) dans les années cinquante ! C’était un titre de Chérif Khedam. Ce n’est qu’après la guerre, en France, dans les années soixante, que j’ai découvert ma passion pour cet art, et c’est durant la même période que j’ai rencontré les éléments avec lesquels nous avons commencé à jouer en groupe. A l’époque, j’étais très influencé par les Elvis Presley, Johnny Hallyday, les Beatles, Deep purple, Pink Floyd, etc.


Justement, on aimerait bien savoir comment avez-vous rencontré les autres membres fondateurs des Abranis et comment avez-vous eu l’idée de travailler ensemble.

Pour Shamy, c’est un ami qui s’appelle Madjid qui me l’a présenté en soixante-sept, Chabane et moi nous nous connaissions déjà depuis plus longtemps puisque nous sommes tous les deux natifs du même village de Tifilkout, en Kabylie. Quant à Mehdi, c’est Chabane qui l’a ramené en soixante-huit si je me souviens bien ! En soixante- quinze, après une tournée, le groupe se scinda en deux Chabane et Mehdi créèrent un autre groupe, shamy et moi continuâmes le groupe Abranis, rejoint par le batteur Arezki Baroudi et le bassiste Hachemi Bellali pour remplacer les sortants. Nous recrutâmes par audition également dans le début des années quatre vingt le guitariste Yannick Guillo. La liste des musiciens ayant travaillé soit sur scène ou en studio avec Abranis dépasse la quarantaine. C’est pour cela que l’on peut affirmer qu’Abranis est plus un concept évolutif qui dépasse la notion de groupe traditionnel figé sur quelques personnes.


Outre les Elvis Presley, Pink Floyd, les Beatles, Johnny Hallyday, Deep Purple, pourriez-vous nous parler  davantage de  vos influences musicales ?

Pour mes influences internationales, en plus des groupes et chanteurs que je viens de citer, j’apprécie la musique pop rock, la soul et le funk. J’ai toujours autant de plaisir à réécouter des chanteurs comme Otis Reding, James Brown, et j’en passe.

Pour la musique kabyle, j’écoute pratiquement tout ce qui sort, j’ai mes préférences comme tout un chacun, mais je préfère ne pas citer de noms, car j’ai tellement d’amis dans ce métier et je ne voudrais froisser personne. J’ai une préférence pour la chanson traditionnel mélodieuse, la chanson dite chaabi pur et dur. J’aime les rythmes algériens tel le Goubahi, El- Hedi, le rythme kabyle. Je pense que ces rythmes sont encore sous exploités à l’échelle universelle. Quant à la chanson Kabyle, elle demeure trop concentrée sur le texte et pas assez sur le son, ce qui fait d’elle une chanson locale et démagogique, recroquevillée sur elle-même. Je n’aime pas trop non plus les textes trop sinistres, genre l’amoureux qui chante sur la tombe de sa défunte fiancée, etc. Mais il parait que les gens apprécient les chansons tristes ? C’est limite maso (rire)


Un dernier mot peut-être ?

Tanemmirt, merci à vous, merci au public qui nous soutient et nous encourage, au plaisir de faire un beau spectacle au stade d’Akbou dans le cadre de la prochaine tournée Abranis en Algérie.

Entretien réalisé par Karim KHERBOUCHE

Par Damia
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Vendredi 7 août 2009

Pour être ce qu’elle est aujourd’hui, une icône vivante de la chanson kabyle, Yasmina n’a pas choisi les sentiers battus. Elle a parcouru des chemins étroits et semés d’embûches. Pour elle, chanter, c’est dire sa douleur et celle de beaucoup de ses semblables et, par ricochet, résister face à une honteuse et archaïque façon de penser pourrissant la vie aux femmes.  

Pour cela, l’arme redoutable de Yasmina est sa belle voix, sa grande capacité à comprendre le monde qui l’entoure, sa foi en l’amour et sa parfaite connaissance de la culture et la langue ancestrales. Tout cela se conjugue à sa farouche obstination à aller jusqu’au bout de ses rêves. Ce sont d’ailleurs tous ces éléments-là que l’on retrouve dans l’émouvant récit de sa vie et dans ses magnifiques chansons.    

Yasmina est actuellement l’une des rares chanteuses kabyles à être connue et admirée de toute sa communauté à travers le monde. Elle est donc une sorte de trait d’union entre les enfants de son pays et de vecteur de notre culture. En Algérie, en France ou au Canada, partout où elle passe, elle fait salle archicomble. L’amour que lui voue son public est immense et sa popularité va crescendo. Mais, ce n’est pas pour autant que cette chanteuse sentimentale perde la tête car elle a bien compris que demeurer égale à soi-même stimule la créativité.

Dans cette interview qu’elle nous a accordée, Yasmina nous ouvre son cœur et s’exprime pour la première fois sur bon nombre de sujets intéressants. Ecoutons-la.       

 

Qu’est-ce que ça te fait de savoir que ton dernier album s’est taillé un joli succès ?    

J'aurais bien aimé être en Algérie pour assister à l’événement de près. Ceci dit, l'important est que le message soit bien passé à en croire les échos que j’ai eus. Je dis à mes fans que mon cœur est toujours avec eux bien que je sois physiquement loin d’eux.

J’avoue qu’au moment de la sortie de cet album que j’ai intitulé "N'mara n tmara", j'ai eu beaucoup de stress. C’est le même état d’esprit que j’ai en m’apprêtant à monter sur scène pour chanter devant mon public. Cela m’a soulagée d’apprendre ce produit a rencontré un vif succès auprès de mon public que j’ai peur de décevoir.

 

Le succès ne t’affole-t-il pas ?!

Non, pas à ce point! (rire) Ce n’est pas ce que je recherche d’ailleurs. Toutes mes chansons racontent pratiquement ma vie. Mes joies et mes soucis sont ceux de beaucoup de femmes kabyles. Les chanter (me) soulage. C’est une sorte de thérapie. 

 

Ceci dit, tu crains quand même que ton prochain album soit moins bien fait que celui-ci, n’est-ce pas ? 

D’un côté, c’est vrai mais j'ai la chance d’être entourée de talentueux musiciens, tels Madjid Halit et Mohand Tahir ...   Et on ne lésinera pas sur les efforts pour que ce soit toujours mieux et ce, avec l’aide de Dieu.

 
Passons sans transition à ton mariage, en été 2006, si cela ne te dérange pas. Tes fans n’ont pas bien apprécié que sa célébration soit faite en cachette, qu’as-tu à leur dire ?

Non, je ne suis pas mariée en cachette ! (rire) Au contraire, lors de mon mariage, la radio chaîne deux ainsi que des journalistes d’un quotidien national étaient présents. J’avais envisagé de l’organiser dans un stade ou bien dans une grande salle pour faire assister le maximum de gens mais ce n’était pas possible. Dommage.    


Quelques jours après ton mariage, tu étais montée sur scène à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi, vêtue de ta nouvelle robe de mariée (voir photos), pourquoi donc ?   

C’était justement pour moi l’occasion de fêter mon mariage avec mes fans. Mon public, c’est ma deuxième famille. 


Comment Yasmina arrive-t-elle à faire l’équilibre entre sa vie de famille et sa vie artistique ?

C'est difficile mais je fais avec. Je m'absente pendant les moments d'enregistrement et les spectacles mais des fois mes enfants viennent avec moi et ils aiment bien ça.  La vie continue et Dieu merci.

C’est vrai que ce n’est pas toujours facile d'être au four est au moulin mais bon. J’arrive quand même à joindre l’utile à l'agréable heureusement. Mes enfants sont ma raison d’être, ma source d’inspiration. La vie, c’est un ensemble d’éléments en harmonie et, comme on dit, si un être manque on sent que tout est dépeuplé.

 

Quand tu es heureuse dans ta vie privée, tu ne te sens pas à court d’inspiration,  toi qui est plutôt triste dans tes chansons ?

La tristesse, ça fait partie de la vie. Elle est là pour donner un sens à la joie. Tant que j’aime la chanson, rien ne pourra me changer de direction. Je continuerai toujours de chanter ce pour quoi mon public m’a adoptée.

 

Un fan t’accoste en pleine rue et te demande un autographe et tu es pressée, que ferais-tu ?
Je lui signerais un autographe s’il n’y a pas d’empêchement majeur.

Un de tes enfants veut devenir chanteur, que lui conseillerais-tu ?

Je l'aiderai s’il a vraiment la chanson dans le sang.

 

Ton chanteur ou chanteuse préférée ?

J'aime un chanteur qui est connu pour avoir payé de sa vie son combat et une chanteuse qui a chanté les difficultés de la femme algérienne. Tout le monde devine qui c’est.


Qu’est-ce que tu regrettes dans ta vie, Yasmina ?

Non, je ne regrette rien. J’ai réalisé mon rêve de devenir chanteuse, peu importe que je paye un lourd tribut à la bêtise humaine. Peu importe les séquelles de mon passé. La fin justifie les moyens. Dieu merci, mes enfants sont là avec moi et la vie continue.


Quels sont tes projets à court terme ?

Je me suis produite là où il y a mes fans : au Canada, en France… et mon souhait actuellement est de rentrer en Algérie pour retrouver mon public. Cela me manque terriblement.

 

Quel est le plus grand rêve de Yasmina ?

Mon plus grand rêve est d’accumuler le plus d’argent possible pour aider les handicapés, les malades et les pauvres. 


Un dernier mot avant de se quitter ?

Un coucou pour mon public. Je remercie toutes les personnes qui m’ont aidée et particulièrement Madjid Halit, Mohand Tahir, Youcef Saou, Hamid Moualhi, Dahmane Ben Dahmane, Rabah Oukrine, Samia Tmeghras, l’équipe du studio la Muse, et toutes mes excuses à celles ou ceux que j’ai oubliés de citer.  

Je profite de l'occasion pour saluer yemma Aldjia Matoub, Ferhat Imazighen Imula. Je souhaite la paix, l'union et la prospérité pour notre pays.

Entretien réalisé par Karim KHERBOUCHE

Photo de Samia Tmeghras

Par Damia
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Jeudi 6 août 2009

Enfin un album qui restitue les vrais rythmes folkloriques kabyles en particulier et algériens en général ! En effet, le nouveau produit de Boualem Touati est un florilège de chansons destinées à mettre de la joie et de fort belle manière lors des occasions heureuses. On peut dire que c’est son album le mieux abouti et c’est la preuve de la maturité artistique de ce jeune chanteur de 34 ans.

Néanmoins, Boualem n’est visiblement pas trop satisfait, il espère faire autre chose dans le domaine de la chanson que de se soumettre à l’ordre établi de la consommation imposé par des commerçants aux connaissances approximatives de la chanson. Interview.       

 

Azul Boualem, ton emploi du temps comment il est cet été ?

Très chargé. Je me produirai un peu partout. L’été, c’est la saison de l’errance pour moi (rire). 

 

Avant la sortie de ton premier album, dans ta région (la vallée de la Soummam), tu étais plutôt connu comme un chanteur du chaabi kabyle. Comment explique-tu ce changement ?

A dire vrai, même à cette époque-là, je touchais à tout mais sur scène je n’interprétais que des chansons du répertoire chaabi. Je vous fais une confidence : j’adore aussi jouer de la cornemuse et je n’hésite pas à la sortir lors des fêtes que j’anime! (rire) C’est notre instrument de musique traditionnel à nous dans la vallée de la Soummam et la région de Setif. En fait, les deux premiers albums que j’ai sortis sur le marché n’étaient que l’une de mes facettes cachées, d’où l’étonnement du public. Le nouvel album dont j’ai fini l’enregistrement et qui sera sur le marché incessamment s’inscrit également dans la même dynamique mais avec davantage plus de  diversité dans les rythmes folkloriques (kabyle, chaoui, sétifien, etc.) 

 

Est-ce un choix la chanson folklorique pour toi?

Non ! J’aurais pu et aimé faire autre chose mais les maisons d’édition nous imposent leur dictat. Elles sont les premières responsables du déclin publique de la chanson kabyle. Je dis « publique » parce que, dans la réalité, la chanson kabyle a connu l’émergence de beaucoup de jeunes chanteurs de talent qui l’ont révolutionnée. C’est la « publicité » qui fait cruellement défaut pour que ces chanteurs soient connus et appréciés du grand public. Et là-dessus je pense que les éditeurs ont un rôle primordial à jouer. 

Il faut dire que la terreur qui a régné dans notre pays durant la décennie 90 a vu le départ vers l’exil de nos anciens artistes vedettes, ce qui a empêché le flambeau d’être transmis à la nouvelle génération qui ne sait plus aujourd’hui sur quel pied danser. De nos jours, pour faire de la belle chanson, il faut peut-être partir à l’étranger. Preuve en est, nos artistes de la diaspora réalisent des merveilles, je souhaite du fond du cœur que leur œuvre éveille des résonances en Algérie et nous aidera à nous débarrasser enfin de la médiocrité ambiante. 

 

Tu es déçu ?!

Oui et même extrêmement. Je rêve de changement,  mon frère ! (rire)      

 

Ton nouvel album qu’on vient d’écouter est tout de même un régal ! Ca ne vous console pas ?

J’espère bien qu’il plaira au public, j’y ai mis tout mon cœur.  

 

Tes projets à court terme ?

D’ores et déjà, je pense à l’enregistrement de mon quatrième album qui sera le début de la mise en œuvre d’un projet qui me tient à cœur et qui consiste en un travail collectif, c’est tout ce que je peux dire pour le moment. Mon dernier album m’a donné envie de voir grand.   

Propos recueillis par Karim Kherbouche

Par Damia
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Mercredi 5 août 2009

 
Comme il fallait s’y attendre, l’album que vient de sortir Ali Amran a rencontré un immense succès auprès des amoureux de la belle musique. Intitulé « Akk’i d amur », le produit en question contient douze belles chansons dont un duo avec Idir. Plusieurs musiciens de talent ont participé à sa réalisation dont Chris Birkett qui a eu à travailler pour des chanteurs de renommée internationale, tels Peter Gabriel, Sting, etc.  

La thématique de l’exil a beaucoup inspiré l’artiste qui, à un moment de sa vie, d’une manière ou d’une autre, a été contraint à vivre loin de son pays natal. Mais, en réalité, cet « exil », le gentleman de la chanson kabyle a su le fructifier en allant à la rencontre des autres musiciens d’origines diverses avec qui il a eu à bosser, ce qui l’a enrichi à tous égards et son dernier produit n’est que la preuve tangible de cette expérience-là. Voilà bien une fort belle manière de mettre la chanson kabyle au diapason de la modernité et ce, sans lui faire perdre son âme.

Ali nous parle dans cette interview qu’il nous a accordée de la sortie de son album et de bien d’autres choses intéressantes.     

 

Vous êtes resté longtemps sans sortir d’album au point de faire croire à certains que vous avez carrément laissé tomber la chanson. Apparemment, l’enregistrement de cet album vous a pris beaucoup de temps, n’est-ce pas ?

Pas si longtemps que ça, quand même ! Quatre ans c’est aussi le temps qui sépare Xali Sliman de Amsebrid, mon premier album. Mais c’est vrai que cet album m’a pris beaucoup plus de temps que les autres. J’ai d’abord enregistré les chansons chez moi, dans mon home studio. Cela m’a permis de prendre le temps nécessaire pour mettre en place les morceaux, affiner les arrangements et faire le choix des chansons… Ensuite, j’ai commencé à faire écouter le résultat aux éventuels collaborateurs avec lesquels je voulais travailler. Ce n’est qu’à la fin de ce processus que j’ai commencé véritablement l’enregistrement en studio, ce qui m’a pris encore deux mois et demi.

 

La sortie de « Akk’ i d amur » a été une surprise pour plus d’un. Vous n’avez pas fait de bruit pour annoncer sa sortie, pourquoi ?

La promotion dépend plutôt des producteurs et autres distributeurs de la musique que de moi-même, et je crois que l’éditeur a fait un travail pas mal à ce niveau. Maintenant, il est vrai que malheureusement je n’étais pas en Algérie pour la sortie de l’album.

 

Comparativement à Xali Sliman, qu’attendez-vous de cet album ?

Je ne sais pas… « Akk’i d amur ! » est d’une certaine manière l’aboutissement d’une démarche que j’ai commencé avec mon premier enregistrement en 1994 : faire de la chanson kabyle qui sonne rock, avec du gros son mais qui garde son âme. « Xali Sliman » est une étape de ce projet et contrairement à « Akk’i d amur ! » qui est un véritable album studio, il a été enregistré dans les conditions du live.

 

Les artistes étrangers et nationaux ayant participé à l’enregistrement sont-ils tout simplement des potes à vous ou vous les avez appelés à la rescousse ?

Certains sont des potes mais la majorité d’entre eux sont des musiciens professionnels que j’ai appelés pour l’enregistrement. 

 

Qu’est-ce que cela vous fait de chanter en duo avec Idir dans Sfina ?

C’est un grand honneur pour moi que Idir ait accepté de partager cette chanson avec moi. Mais c’est aussi du bonheur car nous avons passé un très bon moment ensemble et la séance s’est déroulée dans une très bonne ambiance ; j’en garde un merveilleux souvenir.

 

De quels instruments jouez-vous ?

Je joue principalement de la guitare, mais je joue aussi tant bien que mal d’autres instruments comme le mandole, banjo, oud…etc. Je fais aussi un peu de percussions.

 

Encore et toujours de l’acoustique, Ali Amran a-t-il une aversion pour l’électronique ?

Pas du tout ! C’est simplement parce que le genre de musique que je fais nécessite plutôt de vrais instruments joués par de vrais musiciens. Ça donne plus de chaleur et de vie à la musique. Et puis ça permet de vivre des moments de partage et d’échange que les machines ne peuvent en aucun cas offrir.  

 

La belle et immortelle « Huriya » est présente encore sur ce dernier album, pourquoi l’avez-vous reproduite ?

Parce que je voulais faire une version aux normes de la production actuelle, mais aussi parce qu’elle cadre bien avec la thématique de l’album qui est l’errance et l’exil en général. Huriya pointe du doigt l’absence de liberté qui caractérise la relation amoureuse dans notre société, et je crois que ce problème est, mine de rien, à l’origine de beaucoup de départs vers l’étranger, notamment chez les jeunes.

 

Si je vous dis, l’université Mouloud Mammeri, « les Anciens », ça vous dit quoi aujourd’hui ? Etes-vous nostalgique ?

Ça me rappelle plutôt de bons souvenirs, mais je ne suis pas nostalgique pour autant ; je vis au jour le jour et je regarde devant.

     

Des spectacles en Algérie pour les prochains jours ?

Oui, j’ai trois dates dans le cadre du festival panafricain : les 17, 18 et 19 juillet, à Tizi-Ouzou, Tigzirt et Azzeffoun ou Béjaia.

 

Un dernier mot peut-être ?

Oui, je veux remercier toutes les personnes qui ont collaboré à cet album, notamment Chris Birkett qui est un grand producteur-ingénieur du son anglais qui a travaillé avec les plus grands tels Peter Gabriel, Sting, Sinead O’Connor… et qui est devenu un ami depuis l’enregistrement. J’espère que l’album plaira au public et que celui-ci viendra nombreux dans les concerts. Merci à vous aussi.

Entretien réalisé par Karim KHERBOUCHE

Par Damia
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Dimanche 3 mai 2009

Bien qu’il s’éclipse ces dernières années pour consacrer plus de temps à ses affaires, comme il le dit, Bouallam Boukacem demeure une figure remarquable de la scène musicale kabyle. Il y a longtemps que ses fans n’ont pas eu de ses nouvelles. Nous l’avons rencontré à Béjaia, il a accepté avec plaisir de répondre à nos questions.

 

Cela fait un bail qu’on n’a pas entendu parler de vous Bouallam, pourquoi ?

Bouallam Boukacem va très bien Dieu merci. Je chante et enregistre toujours. Si le public entend moins parler de moi, c’est parce que je fais moins de télé, c’est tout. Pour l’étranger, je n’ai pas le temps d’y aller parce que je suis retenu par mes affaires en Algérie. De plus, cela ne m’intéresse pas de me produire à l’étranger.

 

Pourquoi donc ?

Durant les années 90, j’étais en France et un peu partout dans le monde et la vie là-bas, ce n’est guère ma tasse de thé. On me sollicite de partout pour animer des spectacles mais je n’y vais pas. D’autant plus que je ne suis pas dans le besoin Dieu merci. Je suis bien chez moi en Algérie. En revanche, j’ai toujours répondu présent quand une association agissant pour la promotion de la culture berbère, notamment ici en Algérie.

 

On vous a découvert notamment à la télé vers la fin des années 80 qui ont vu la chanson algérienne prospérer à merveille, quel souvenir gardez-vous de cette époque ?    

Ma foi, je la regrette. Bien qu’elle soit de courte durée, ça a permis à notre chanson de faire un pas géant dans son évolution. La liberté d’expression encourage toujours la création. La décennie noire a empêché le flambeau d’être transmis de l’ancienne à la nouvelle génération de chanteurs algériens. C’est ce qui explique la médiocrité dans laquelle est plongée notre chanson de nos jours. Le commercial a pris le dessus sur l’artistique. Sans compter le piratage qui ne fait qu’empirer cet état de fait.  

 

Pourquoi on ne vous voit pratiquement plus à la télé ?

Je n’ai aucun problème avec la télévision algérienne. Dans le passé, je sollicitais les médias dans le cadre de la promotion de mes produits mais aujourd’hui je le fais de moins en moins.

 

L’une de vos chansons qui vous ont rendu célèbre est « Arraw n Feraoun » ( Les enfants de Feraoun) où tu vilipendais les feuilletons égyptiens que vous décrivez comme une invasion culturelle. Plusieurs années plus tard, pensez-vous toujours la même chose ?

(rire) Oui, absolument ! Je ne suis pas contre l’ouverture mais j’aimerais voir le cinéma algérien prospérer et occuper la première place dans le cœur des Algériens. Cependant, il faut souligner que ma carrière ne se limite pas à « arraw n Feraoun » seulement.

 

Quel est votre club de foot préféré ?

La JSK. J’aimerais bien qu’on revoie la manière dont fonctionne notre club phare. La Kabylie profonde est un réservoir de talentueux joueurs anonymes, je me pourquoi on s’entête à recruter des joueurs à coup de milliards et qui ne sont pas forcément les meilleurs.

 

Avez-vous un rêve que regrettez de n’avoir pas réalisé ?

Tous mes rêves sont à ma portée et je les ai donc tous réalisés. Je ne cherche pas à être milliardaire. Le bonheur est simple et il ne s’achète pas, même avec tout l’argent du monde. Pourquoi demander la lune quand on sait qu’on ne peut être plus ou moins bien que sur la Terre ?! (rire)

 

En dehors de la chanson, que faites-vous ?

Je suis un débrouillard ! J’achète et je revends les voitures. Je conclue mes affaires sans forcément passer par les marchés ! (rire).

 

Un mot pour conclure ?

Je chanterai toujours tant que le public m’aime encore.             

                                                                                Entretien réalisé par Karim Kherbouche     

Par Damia
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Lundi 26 janvier 2009

Vivant en région parisienne où elle est née un certain 21 juin 1985, Nabila Dali opte plutôt pour la chanson kabyle. En tant que choriste, elle a eu l’occasion d’explorer divers genres musicaux qui l’ont enrichie à tous égards, tels que le r’n’b, pop rock, la soul … Elle est plusieurs fois montée sur scène et a participé à des émissions télévisées en compagnie d’artistes célèbres, à l’image de Corneille et Louise Bourgoin. Cette belle voix que les téléspectateurs algériens ont découverte à la télé, travaille actuellement d’arrache-pied sur son premier album. Elle nous en parle dans cette interview qu’elle nous a accordée.  

Que devient Nabila Dali ?

Et bien, je vis toujours en région parisienne. J’allais entrer en 3ème année d’anglais mais j’ai décidé de mettre mes études de coté pour donner une chance à ma passion pour la musique et enfin mener à bien ce projet de faire un album en kabyle. Je me suis inscrite aux cours de musique andalouse et je monte sur scène dès que je le peux, ça me rend très heureuse !

Justement, à propos de cet album, pourriez-vous nous en parler davantage ?

Je commence en effet à travailler sérieusement sur mes premiers titres. C’est un travail long et difficile mais j’ai la chance d’être aidée par Kamel Hamadi, grand parolier et grand homme de la chanson algérienne que je connais depuis que j’ai 16 ans. Je rêvais de travailler avec lui et le moment est arrivé. C’est vraiment un honneur, ça me donne envie de me donner à 1000%.

Ecrivez-vous vous-même vos chansons ?

Effectivement, j'écris et compose mes propres chansons depuis des années. Concernant les chansons qui seront sur mon album, j'essaie de m'entourer d'autres artistes.

Qu’est-ce que vous gardez de bon de votre participation à Elhane Wa Chabab 2007 ?

Elle est merveilleuse et restera gravée en moi jusqu’à la fin de mes jours. Elle m’a fait énormément grandir d’un point de vue artistique et humain. En fait, j’ai toujours chanté en kabyle mais je n’avais pas assez de connaissances de la chanson algérienne en général. En vivant 4 mois à Alger, j’ai appris plus de choses sur les différents styles, répertoires, sur nos artistes. Sur le plan humain, j’ai fait des rencontres magnifiques, celles d’artistes plus talentueux les uns que les autres qui sont devenus des amis.

Quel commentaire pourriez-vous faire de l’édition actuelle de cette émission ?

Lorsque nous avons participé à cette émission, nous ne savions pas vraiment comment les choses allaient se dérouler. La production voulait vraiment que cette émission soit à l’image des stars académies tout en gardant certains aspects de l’ancienne émission. C’était une première en Algérie, c’est ce qui a donné du piment à ce projet. Avec les autres candidats, on formait une équipe, une famille, et puis on a vécu ensemble bien avant l’école, pendant les castings.

Cette année, les candidats ont déjà l’avantage d’avoir eu un premier aperçu du déroulement de l’émission donc ils sont à l’aise et c’est vraiment bien. L’évolution est notable, il commence à y avoir la présence d’artistes occidentaux. On peut revoir certains profs de l’an passé et également l’ancien candidat Houari qui anime les quotidiennes, ça me fait plaisir de voir qu’il atteint ses objectifs car c’est un bon comédien. Cela dit, il y a peu de chansons kabyles et c’est bien dommage car ça empêche certains candidats de prouver leurs capacités dans le répertoire qui leur correspond.

Quelle est la chanson que vous aimez le plus interpréter ?

J’aime les chansons à texte et j’ai adoré chanter « Afalku » de Matoub, même si c’était à capella. C’est une chanson qui me bouleverse, elle raconte l’histoire d’un soldat qui trouve la mort pendant la guerre.

Avec quel chanteur célèbre souhaiteriez-vous chanter en duo ?

Chanter avec Idir serait un grand rêve.

Pourquoi ?

Parce que non seulement c’est un artiste complet, mais c’est aussi une figure emblématique pour tous les algériens. Il a réussi à promouvoir la chanson kabyle partout dans le monde et à lui donner tout le respect qu’elle mérite.

Merci Nabila.

C’est moi qui vous remercie. Un grand coucou à toute l'Algérie. Mes voeux les meilleurs pour 2009!  

 

Interview réalisée par Karim KHERBOUCHE
Les Nouvelles Confidences

Par Damia
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Mardi 30 décembre 2008

Michèle Gilles est une artiste peintre aquarelliste professionnelle en France. Elle estautodidacte. Elle est également une infatigable militante qui lutte sur tous les fronts pour plusieurs causes justes et nobles.

Elle est née en Provence dans une péniche amarrée sur les berges d'un fleuve, à la Penne sur Huveaune, dans les Alpes-Maritimes. Son enfance fut difficile. Elle ne connut pas son père et sa mère se donna la mort par pendaison. Placée dans une famille de Chartres, sa vie fut un cauchemar, de jour comme de nuit : elle était la proie facile des aînés de la famille et, pour échapper à leurs assiduités, elle allait souvent se réfugier dans le poulailler. Ensuite, elle connut les brimades et le désespoir dans un pensionnat de jeunes filles. Après son Certificat d'Etudes Primaires, elle intégra le monde du travail à 15 ans, puis se maria. Mille métiers, mille misères.

Malgré toutes ces difficultés, Michèle demeure toujours souriante et amoureuse de la vie. Fluide, vraie, généreuse, rebelle et entière, Michèle ne laisse point de place à la routine et au désespoir dans sa vie. Lutter, faire du sport, s’occuper de sa famille et de sa fille adoptive d’origine algérienne, peindre, organiser des soirées, préparer ses expos, répondre à ses emails et lettres à temps,… sont autant d’activités qu’elle effectue au quotidien et elle arbore toujours ce joli sourire contagieux à toutes les personnes qu’elle rencontre dans sa ville, à Lannion, en Bretagne.  

Elle a accepté avec plaisir de répondre aux questions de LNC. Elle nous parle de ses passions, de ses combats pour les causes humanitaires, de l’Algérie où elle vécut pendant plusieurs années … Ecoutons-la.   

 

Michèle Gilles, vous êtes une artiste peintre aquarelliste, qu'est-ce que c'est au fait ?

Je travaille avec l'eau, je laisse fuser les pigments dans l'eau et je travaille énormément les détails des sujets que je réalise. Des heures de travail et de patience pour des résultats toujours inespérés. Je peins toute la nature, tout ce qui est beau et me touche.

 

Outre les expositions que vous organisez habituellement,  y a-t-il un projet spécifique que vous entreprenez de réaliser à court terme ? 

Oui, bien sûr. Il s’agit de la réalisation d'une fresque dans un hôpital ; tout le service pédiatrique rénové que je dois illustrer sur les murs blancs pour les enfants malades.

 

Vous êtes aussi militante des sans papiers. Que faites-vous pour aider ces étrangers en situation irrégulière et dans quel cadre ?

Je fais partie du collectif des sans papiers de Lannion en Bretagne. Je lutte pour que des hommes, des femmes qui s'aiment puissent s'unir et vivre en paix en France. Pour que des enfants retrouvent leur père exilé dans son pays alors que la maman et les enfants sont ici à espérer ce papa qui vit seul au pays. Je lutte pour que la terre soit une et unique sans frontières parce que Dieu -je crois que Dieu est le même pour tous, Dieu est Dieu et unique quel que soit le nom que les hommes lui donne- et Dieu a voulu cette terre simple, bonne et nourricière pour tous et non pour les riches, les nantis et ceux qui croient que la terre leur appartient parce qu'ils ont la chance d'être nés du bon coté dans un pays riche et prospère.

Je lutte parce que j'aime les gens, tous les gens, les femmes mes sœurs et les peuples et que chacun mérite le meilleur de la vie.

Je crois que tout le monde a le droit de vivre, de circuler, de penser, de s'exprimer et d'être respecté qu'il soit riche ou pauvre, blanc ou noir, petit ou grand, homme, femme ou enfant…

 

Vous avez vécu pendant plusieurs années en Algérie, quels souvenirs gardez-vous de cette période-là ?

J’ai en effet vécu en permanence en Algérie du mois de juin 1974 jusqu'au début de l'année 1978, à Vieux-Kouba dans une maison dont le propriétaire et sa famille nombreuse étaient originaires de Kabylie. Vers la fin de l’an 1978, je suis partie définitivement en pleurant dans l'avion qui me ramenait en France.

Des souvenirs de ce beau et bon pays, j’en ai plein la tête. Au départ, j'ai eu du mal à m'habituer aux pénuries de l’époque concernant l'alimentation, je venais d'un pays où les magasins regorgent de victuailles de tous les pays et là, je faisais des files d'attente incroyables pour deux kilogrammes de pommes de terre ! (rire)

J'ai appris à parler arabe très vite pour être au milieu du peuple, comprendre, partager tout, c'était important.

J'ai aimé mes ami(e)s, mes relations diverses et variées et un homme aussi...

 

Est-ce que vous êtes revenus en Algérie depuis ?

Oui, mais peu de temps et toujours avec autant de plaisir.

 

Aujourd’hui, souhaitez-vous revisiter notre pays et y exposer tes œuvres ?

Oui, je vais revenir, c'est certain et peut-être très vite puisque j'ai des propositions sérieuses.

Mais il n'est pas simple aujourd'hui de circuler entre la France et l'Algérie, j'aimais quand je pouvais sur un coup de coeur aller du jour au lendemain retrouver mes ami(e)s juste quelques jours pour le bonheur de se revoir et de passer un bon moment.

 

Vous avez aussi été chanteuse ?

Pas chanteuse, mais j'ai fait "la voix" pour accompagner des chanteurs italiens, par hasard pour remplacer une personne absente et par jeu ensuite car c'était très agréable.

 

Vous avez connu plusieurs personnalités de renom et surtout des chanteurs et hommes politiques, pourriez-vous nous en citer quelques-uns ?

Je suis socialiste et à ce titre j'ai côtoyé beaucoup d'hommes et de femmes aujourd'hui  connus du monde entier. Mais je ne tiens pas forcément à faire référence à cela car c'est naturel chez nous de se rencontrer, d'échanger, sans pour autant se prévaloir de quoi que ce soit. J'admire et j'aime Michel Rocard, Ségolène Royal et bien d'autres personnalités.

Je connais beaucoup de chanteurs et chanteuses mais également beaucoup d'artistes puisque je le suis moi-même, c'est naturel et pas forcément une référence. J'ai également rencontré des artistes algériens connus aujourd'hui. Mais je ne m'autorise pas à les citer sans demander leur avis. Je les aime, je les écoute, c'est bon de les avoir connus.

 

On retrouve sur votre site officiel des cartes virtuelles dans plusieurs langues, dont le tamazight et l'arabe, qu'est-ce qui vous a motivée à le faire ?

Je suis une inconditionnelle des peuples berbère et arabe, j'ai un amour, un profond respect pour ces pays, ces peuples, ces traditions et cette belle culture qui doit vivre et survivre au delà de tout. 

 

Un mot pour conclure ?

Je ne suis pas née en Algérie, mais l'Algérie est aussi mon pays juste parce que je l'aime, que j'aime son peuple, mes ami(e)s et que j'aimerais pouvoir y aller, circuler, vivre aussi librement qu'en France parce que je ne fais pas de différence entre nos pays.

J'ai adopté une enfant qui est de ce pays, je l'ai adoptée en France mais elle porte tous les gènes, toute cette beauté qui vient de ce beau pays. Elle danse des danses orientales, chante et aime ce beau pays que je lui enseigne et où je vais la conduire un jour prochain pour qu'elle découvre ses racines.

En gros, je vous aime pour ce que vous êtes, tel que vous êtes et vous avez apporté dans ma vie le soleil et le bonheur.

                                                                  Entretien réalisé par Karim KHERBOUCHE

                                                                  Les Nouvelles Confidences

Par Damia
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Dimanche 23 novembre 2008
Frais, pétillants et gais, les Lions d’Akbou méritent bien leur place parmi les étoiles scintillantes du rock’n’roll du pays. Ils ont sans doute marqué d’une empreinte indélébile le paysage artistique kabyle en osant un parfait mariage entre le rock, à la manière de Mark Knofler, et la langue de Mammeri. Présentement, bien que ce groupe produise peu mais bien, on écoute leurs chansons plusieurs fois et toujours avec le même plaisir, on les passe et repasse à la radio et les auditeurs ne cessent de les réclamer.

S’il y a un public qui en connaissent un bout, c’est bien celui des campus universitaires où ils se produisent dans des salles archicombles et il ne faut pas attendre plus d’une chanson pour voir les étudiants debout en train de taper dans les mains, crier et acclamer Aman n tayri (la source de l’amour), Zahr-iw (mon destin), Aderghal (le non-voyant), etc., et continuer à chanter tous seuls même quand l’artiste omis un passage de l’une de ses chansons !

Nous nous sommes approchés du chanteur du groupe Hamid Babouri qui a accepté de répondre à nos questions.

Parlez-nous de vos début dans la chanson ?

Hamid Babouri  : J’ai découvert la musique dès ma tendre enfance. La première cassette que

j’ai pu avoir et écouter fut l’une des cassettes du King Elvis Presley dont je tombai amoureux et ce, même si je ne comprenais pas bien ce qu’il disait. J’ai été envoûté par ses sonorités, son rythme, sa voix et ses jeux de guitare.

Dans les années 80, il y avait une formation akboucienne dont deux membres m’étaient des proches parents. C’était le premier groupe Lions et avec eux j’ai eu un coup de cœur pour la musique et la guitare électrique particulièrement. Ce groupe faisait beaucoup plus de l’imitation et animait des soirées mondaines. A un certain moment, pour cause de lassitude peut-être, les membres qui le composaient « ont dû battre en retraite ».

En 1989, avons décidé de reprendre le flambeau. J’ai contacté Salim Lahlou, le bassiste du groupe. Ensuite, Lamine, notre batteur, qui venait de France nous a rejoint. D’autres élément nous ont également renforcé, comme Mouloud Salhi, le gérant du groupe.

Au départ, nous n’avions pas l’intention de produire quelque chose de propre au groupe. On faisait presque uniquement des reprises des Dire Straits. Lors d’un gala à Sidi-Aich (Béjaia) où nous étions prévus avec le fameux groupe Inasliyen. Mais ce groupe n’était pas en grand complet. Alors que nous chantions sur scène, nous ne sommes rendus compte de la présence de grand chanteur du groupe Inasliyen, Rabah. Celui-ci demanda à voir le soliste du groupe. Il me félicita et me conseilla vivement d’œuvrer dans ce style. Il m’a dit : la chanson kabyle manque de ce genre de chansons, j’aurais aimé que ce que vous faites en Anglais, vous le ferez en Kabyle. Quelques temps plus tard, nous avons retrouvé Rabah lors d’un gala à Ighzer Amokrane où il exigea notre participation. C’est ainsi que Lions a démarré.

C’est plutôt les Dire Straits qui vous vont mieux qu’Elvis, n’est-ce pas ?

Je suis en effet un inconditionnel du rock des Dire Straits. Toutefois, je vous fais une confidence : Mark Knofler, le leader des Dire Straits, lui-même est fan d’Elvis auquel il rend un vibrant hommage dans l’une de ses chansons. Je ne prétends pas me comparer à ce guitariste et chanteur géant, mais je crois qu’il y a la touche d’Elvis dans ce que nous faisons tous les deux.

Vos débuts étaient un succès, vous étiez assez médiatisés et, puis, tout à coup, vous vous êtes éclipsés, à quoi est-ce dû ?

Par respect à ceux qui nous écoutent, je ne peux produire une œuvre sans l’avoir suffisamment bien travaillée. Le but n’est pas de pondre des albums chaque année, mais de faire quelque chose de bon qui puisse plaire et le demeurer le plus longtemps possible. Nous avons du neuf mais il est encore au stade de gestation.

Ceci dit, nous nous sommes pas complètement éclipsé, nous nous produisons quand nous sommes sollicités. C’est surtout aux universités que nous nous produisons le plus, car c’est un cadre qui nous est adéquat. J’adore chanter pour les étudiants, car avec eux, avec tout le respect que je dois aux autres mélomanes, nous avons l’impression que notre produit est apprécié à sa juste valeur. A la fac, nous chantons pour nous faire plaisir et, partant, pour faire plaisir à notre public.

Vous parlez tellement doucement qu’on a du mal à vous entendre et au même temps vous chanter du rock, n’est-ce pas antinomique ?

(Rire). C’est ma nature. De plus, mes chansons sont pour la plupart des berceuses. Comme par hasard, Mark Knofler a le même problème, il chante avec du matériel d’amplification de son haut de gamme, parce que ses chansons requièrent une voix gutturale, ce qui est difficile à réaliser en élevant la voix. Ma voix est naturellement ainsi faite. De plus, je suis incapable de chanter et de jouer de la guitare au même temps, je ne peux me concentrer sur les deux à la fois.

Qu’avez-vous à dire en guise de mot de la fin ?

Merci à vous et bonne chance !

                                                                Propos recueillis par Karim KHERBOUCHE

Par Damia
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Dimanche 23 novembre 2008
Si en Algérie, son pays, elle demeure presque inconnue, plusieurs pays du monde l’ont découverte et adoptée. Bien que toujours insatisfaite, l’artiste peintre Zohra LACAL, après des années de travail sans relâche, d’études, de voyages à travers le monde, parfois de galères, etc., a bien fait du chemin.

Outre sa peinture qui se définit comme celle de l’espérance, à entendre le récit de sa vie, on se rend compte que nous sommes en face d’une vraie légende vivante. Elle présente du 2 au 4 mars, ses tableaux à la Galerie librairie Impressions (98, Rue Quincampoix, Paris) à côté de l’exposition photos de deux photographes. Elle se livre à Kabyle.com. Ecoutons-la il y a tellement de choses à découvrir chez elle !

Zohra, parlez-nous d’abord de cette exposition ?

"Entre Laos et Vietnam" est une exposition avec deux autres photographes, des amis. Sam Sisombat, laotien, révélé la majesté, l’harmonie et la beauté des paysages et des monuments de son pays. Véronique Wlody capte des visages d’enfants à jamais marqués par des produits chimiques durant la guerre. Leurs regards si personnels, si sensibles et si uniques me bouleversent et me font voyager à la fois. Mes tableaux traduisent un instantané d’une journée ordinaire au Vietnam, celle de la vie bouillonnante qui déferle à chaque coin de rue. Notre trio est complémentaire. L’exposition sera présentée à la Galerie Impression du 2 février au 4 mars prochain (98 rue Quinc ampoix - 75003 Paris). Etienne, grand voyageur, a ouvert sa galerie afin de partager sa passion pour l’Asie.

Comment étaient les débuts de votre carrière artistique ?

Comme ma vie, un parcours avec des déviations, des renonciations, parfois des sacrifices. De 83 à 93, ma vie fut partagée entre un bureau le jour et des cours de peintures les soirs, week-end, vacances et les voyages initiatiques dans des musées d’Europe. Entre 87 et 97, j’ai oscillé entre travail et peinture, revenant vers un emploi classique quand mon comte en banque était à sec. Ma rencontre en 93, avec des artistes vietnamiens (dont Trinh Cong Son et Tran Long An) fut déterminante. Ils m’ont convaincu de les rejoindre à Saigon pour vivre pleinement mon art. Je me suis donc installée 5 ans, peignant au départ des voitures et cyclos du film "l’amant". Après 8 mois, j’ai dû retravailler. C’est seulement en 97 que j’ai définitivement abandonné le chemin de "l’usine" pour emprunter celui de l’atelier. L’aventure continue à ce jour.

A cette époque, croyiez-vous devenir un jour peintre professionnelle ?

Jusqu’au Vietnam, je dessinais ou peignais a cote d’une poubelle ou finissaient immanquablement mes travaux. En 96, je peignais un personnage central du tableau, une femme de 2m de hauteur. Je l’ai commence debout sur une chaise pour l’achever allongée par terre, d’un trait, sans recul ni lever le pinceau de la toile. La révélation m’est venue alors que mes genoux étaient encore a terre. Quelque chose de puissant, comm e un message divin, ce genre de chose qu’on voit dans les films. Vous êtes dans le brouillard total et un faisceau lumineux venu du ciel vous éclaire de l’extérieur puis de l’intérieur. Difficile à expliquer, il faut le vivre pour comprendre. Depuis cette date, la Foi ne m’a jamais quitte et c’est justement cela qui me rend si tenace face aux embûches de la vie, si confiante quand mon horizon est sous l’emprise des tempêtes. Malgré cela, j’ai continue a détruire mon travail, le lacérant au cutter, le jettent, le donnant ou le brûlant. En 97, tout s’est enchaîné très vite, commande d’un cabinet d’avocats anglais, exposition en Indonésie, autres commandes et expositions au Vietnam, en Thaïlande et en France. Neuf ans après, je n’en reviens toujours pas d’y etre parvenue. Mais le trac me colle a la peau encore ; la destruction des oeuvres se raréfie.

Faites-vous autre chose en dehors de la peinture ?

Avant, beaucoup de choses, cinéma, modelages, décors, robes, bijoux, marionnettes, sport... L’art est versatile, la création une curiosité intense sans frontière. Mais peindre en professionnel est un VRAI TRAVAIL a temps plein. Il faut monter les toiles, créer, démarcher les galeries, salons et clients potentiels, s’informer, communiquer etc. Hormis mon nomadisme qui m’a amène a vivre dans différents pays, a prendre le t emps de les visiter et a essayer de les comprendre, je travaille tous les jours, parfois 16 heures d’affilées et pour l’exposition de Jakarta, 20 heures par jour. Difficile de m’arracher a l’atelier. Le peu de temps qui me reste est consacre a la famille, aux amis, a leurs concerts ou expositions. Mais parfois, je les oublie comme je m’oublie car la peinture m’obsede. Cet ete, j’ai travaille avec un metteur en scène italien, Fulvio Ianneo, sur sa pièce "moi femme immigrée".

Avez-vous un moment et un lieu de prédilection où vous prenez votre inspiration ?

L’inspiration surgit de nul part et de partout, sans cesse. Seul le temps me manque. En ce moment, j’ai envie de peindre le désert algérien, les paysages indonésiens, les souvenirs de Thaïlande, des portraits, des livres et des nus mais je dois préparer mon exposition sur le Vietnam. Quand le mental est bon, l’inspiration est infinie.

Zohra, vous êtes née au Vietnam d’un père algérien et d’une mère Vietnamienne, pouvez-vous nous raconter l’histoire de votre famille ?

Mon père était soldat dans l’armée française depuis l’age de 16 ans. Apres l’Allemagne, il a été envoyé au Vietnam pendant l’Indochine qu’il a déserté pour rejoindre Ho Chi Minh (comme certains soldats d’origine maghrébine, africaine et même française). A l’indépendance, il a rencontré ma mère, ancienne combattante, originaire du Nord. Mon père a appris sa langue, ses coutumes et sa cuisine ; Il est devenu un vrai Vietnamien. Il a exerce différents métiers, fait du cinéma - 10 ans. Quand la guerre américaine est devenue inévitable, il a décidé de rejoindre son pays pour éviter de vivre une troisième guerre. Nous sommes partis fin 64, en trai n, sur le légendaire Orient-Express, de Hanoi en passant par la Chine, la Russie, la Roumanie, la Bulgarie et l’Albanie ou le gouvernement algérien a affrété un avion pour nous rapatrier. Fin 72, ma famille a rejoint la France, par bateau. Je ne suis revenue en Algérie qu’en décembre 90.

Quels sont les souvenirs qui vous reviennent de votre enfance algérienne ?

Des souvenirs douloureux li es au décès de mon père. Des champs de coquelicots à perte de vue, de mon grand père algérien qui me préparait une figue de barbarie, de sa patience et de mon empressement. Des vergers a n’en plus finir, des forets, des lacs, des animaux sauvages, des fleurs, des odeurs, des jeux et de la liberté qu’on peut avoir a cet age. De mon coup de foudre pour le dessin. De ma première tempête de neige, d’inondation, d’une pompe d’essence en feu. Des fêtes, de la nourriture, de la salle de cinéma de Boufarik qui passait des westerns américains, des 4 kilomètres bordes d’orangers qui menaient à l’école. De tous les rêves construits à cette époque. Certaines chansons me trottent encore dans la tête.

Parmi vos expositions, pouvez-vous nous d ire quelle a été celle qui vous a le plus marquée ?

Les premières sont toujours les plus marquantes. Aujourd’hui, c’est la similitude du contexte avec celle de Bangkok qui m’interpelle. Il y a un engouement incroyable, une énergie puissante qui traverse les frontières pour me porter en avant. Mon exposition au Château de Bangkok était surprenante par la générosité des communautés étrangères présentes et des thaïlandais. D’illustres inconnus. Ce qui m’a profondément émue tient de la bienveillance, de leur amitié, de leur soutien, de leur encouragement. Que ma passion - si personnelle - puisse les toucher aussi me semble incroyable.

Quels sont vos projets ?

Trouver d’autres galeries pour mes futures expositions ici ou ailleurs, peindre, voyager et rever. Rêver car tout commence par un rêve.

Si vous étiez née à une autre époque, laquelle choisiriez-vous ? Un voyage vers le futur, en 2106 pour le plaisir de rencontrer les descendants de ma famille et ceux de mes amis, vérifier la valeur de l’art d’aujourd’hui, voir comment le monde fonctionnera a cette époque, vérifier que la limonade coulera bien a flot dans les fontaines, que la teleportation sera au service des voyageurs, que la PAIX régnera dans le monde, que les frontières seront anéanties comme la misère et les maladies. Et un retour dans le passe avec Picasso, Egon Schelle, tous les impressionnistes, travailler a leur cote, apprendre d’eux, dire a Paul Gauguin combien nos parcours sont similaires ; allers vers Leonard de Vinci et lui d emander ses secrets, remonter le temps jusqu’a Botticelli et voler sa technique de transparence... Quand cette machine sera t-elle prête ? A y penser, j’irai bien tailler la route avec Jack London, arracher des flammes le tome 2 "des ames mortes" de Gogol, flirter avec Mozart et me disputer avec Rodin.

Quel est votre livre de chevet ?

Michel Abax, André-Pierre D iriken, Fulvio Caccia, Nicolas Chemla, Kawabata, Inoue, London, Rilk, Wilde, Faulkner, Borges... et le Dalai Lama pour la philosophie bouddhiste. Des années durant, je dormais avec 6/8 livres dans mon lit et des piles a lire sur les 2 cotes. La littérature est une grande source d’inspiration comme les voyages, les rencontres et la méditation.

Citez-nous quelques tableaux parmi ceux que vous avez accrochés aux murs de votre maison ? Seules les toiles en cours de séchage sont exposées, par terre. Une seule sur le chevalet. Le vide m’inspir e et m’oblige à avancer. Ce qui est fait ne m’intéresse plus. C’est ce qui reste à peindre qui me dynamise.

Un mot de la fin avant de se quitter ?

L’amour est un choix délibéré. Ce qui m’a toujours touchée, depuis toujours, c’est l’amour fraternel, universel. La générosité du coeur, ce sésame désarmant qui ouvre les portes et abat les fronti ères. C’est grâce a tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réussite de mon rêve que je peux continuer à peindre aujourd’hui. Car si peindre est un plaisir évident, c’est aussi une lutte acharnée pour vivre, survivre plutôt et durer dans le temps. Les réactions des algériens après la parution de vos articles précédents m’ont profondément touchée. Beaucoup de messages d’encouragement. Cela m’a émue. Merci à tous. L’un d’eux, Youcef, m’a remercié de ne pas renier mes origines. Non seulement je ne les renie pas, mais je les proclame ! Zohra est mon nom d’artiste peintre, celui de ma naissance. Je suis Vietnamienne - Algerienne - Francaise et - Citoyenne du Monde !

                                                                                                  Entretien réalisé par Karim Kherbouche

Par Damia
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Mercredi 15 octobre 2008

« J’étais fan avant de devenir chanteur »

Les mélomanes qui ne connaissent pas encore Mohand le confondraient sans doute avec tous les autres chanteurs de sa génération. Or, ce jeune artiste de 27 ans, originaire d’Ivahlal, dans la wilaya de Bouira, est original à beaucoup d’aspects. L’écouter, c’est l’aimer notamment pour ses belles chansons sentimentales où se mêlent douceur, amertume et joie de vivre. Interview.   


La sortie de ton troisième album est prévue pour l’été dernier, quel est le motif de son annulation ?  
C’est vrai, beaucoup de gens me le demandent dans la rue et au téléphone. Merci de me donner l’occasion de répondre. Non, il ne s’agit pas d’une annulation. J’ai tout simplement jugé qu’il était nécessaire de me donner un peu plus de temps pour mieux faire. C’est pourquoi j’ai reporté sa sortie pour 2009, en mars ou avril en principe.  


Peut-on d’ores et déjà en connaître le contenu ?
Il y a du folklore kabyle, du R’N’B, du flamenco, du chaabi, de l’Oriental, etc. Soyez sûrs que ce n’est en aucun cas un patchwork de styles mais un mariage heureux de plusieurs genres musicaux où la polygamie et les mariages mixtes sont autorisés, voire conseillés (rires).  


Comment es-tu venu dans le monde de  la chanson, Mohand ?
Je ne me souviens plus (rires). Je n’avais que six ans quand ma famille m’a enregistré sur cassette où j’interprétais une chanson de Matoub. Cette cassette, on l’a toujours gardée chez moi. Au primaire, mon maître me demandait souvent de montrer sur l’estrade pour chanter.
J’étais fan de plusieurs artistes avant de devenir chanteur. Takfarinas m’a particulièrement influencé et cela se ressent dans ce que je chante.


Il me semble qu’il n’y a pas que Takfarinas, il y a également d’autres influences musicales dans tes chansons…
Effectivement. Ce que je veux dire, c’est qu’à l’instar de ce grand artiste (NDLR, Takfarinas), j’aime, à titre d’exemple, travailler avec un vrai orchestre. Le synthé, ce n’est pas ma tasse de thé. En outre, je touche à bien des styles qui, me paraît-il, ont beaucoup de points communs. Je n’imite personne en fait mais j’avoue que je suis le produit de ce que j’ai consommé. Quant aux paroles de mes chansons, je fais en sorte qu’elles soient propres pour ne pas les regretter dans les années à venir.


Que penses-tu des autres jeunes chanteurs de ta génération ?
La boîte à rythme et la voix robotisée plonge la chanson dans la médiocrité. Le devoir nous interpelle aujourd’hui pour qu’on produise des chansons kabyles qui soient écoutées à l’échelle universelle. J’aimerais qu’on marche dans le sillage de Takfarinas et Idir.  


Selon toi, est-ce que c’est le chanteur qui fait le public ou bien le contraire ?
Au préalable, c’est le chanteur qui lance une dynamique artistique dans la société, ensuite l’influence est mutuelle.

Merci Mohand.
Merci beaucoup et un coucou à tout le monde.

                                                                                                                            Propos recueillis par
                                                                                                                            Karim KHERBOUCHE

Par Damia
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Bienvenue à toutes et à tous !

Miss Anissa Mahouache

Toutes nos félicitations à Anissa Mahouache qui a été élue première dauphine de Miss Flandre 2008, le 27 septembre à Saint-Pol-sur-Mer. Bonne chance pour les prochaines échéances.

Je vous propose de lire cette chronique de Karim Kherbouche sur la chanson et le showbiz.
Cicéron, le talentueux rhétoricien latin, pour dénoncer la perversité et la corruption des hommes de son temps, s’exclamait : « O temps ! o moeurs ! ».
Cette célèbre exclamation est plus que jamais d’actualité, surtout lorsque l’on évoque l’art et les artistes de notre temps qui, pour la plupart, ne sont animés que par le show-business et la convoitise mercantile.
Lire la suite et laisser un com. Cicéron, le talentueux rhétoricien latin, pour dénoncer la perversité et la corruption des hommes de son temps, s’exclamait : « O temps ! o moeurs ! ».

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Le coin de la chanson amazighe

Jeunes Talents

Je vous présente le futur leader du rap kabyle. Il s'appelle Karim MTM. D rebb larboub n'rap teqbalit. D wagi rap goudrar a ddin rebb! Nik l'pouvoir algérien! Cliquez et écoutez sans hésitations! Damia

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